L’enfant tombée des rêves, de Marie Charrel

l'enfant tombée des reves marie charrelQuatrième de couv’…
Emilie, une enfant solitaire et débordante d’imagination, découvre que ses parents lui mentent sur ses origines et décide de mener l’enquête.
A 2 660 kilomètres au nord, quelque part en Islande, un vieux médecin retiré du monde tente d’oublier son passé.
Ils ne se connaissent pas. Pourtant, chaque nuit, ils sont poursuivis par le même cauchemar : celui d’un homme tombant d’un balcon.
Et si l’improbable rencontre d’Emilie et Robert brisait le terrible secret qui les unit ? Et si trouver la clef de ce rêve obsédant leur permettait de chasser enfin le fantôme qui les hante ?

L’enfant tombée des rêves, de Marie Charrel
Plon, mars 2014, 248 pages
4 étoiles

Premières phrases :
« Mon père a peur de moi.
Je crois.
C’est la première chose que je me suis dite lorsqu’il a eu ce geste. Un petit mouvement sec, à peine visible, mais suffisamment pour me percer le coeur. A la seconde où ses yeux se sont posés sur ma toile mon père a plaqué son poing gauche sur sa bouche. Pas comme s’il s’apprêtait à tousser, non. Pas non plus comme s’il souhaitait dissimuler un bâillement. La plupart des gens affirmeraient que ce n’est rien, allons allons quelle importance, inutile de se faire des idées. D’ailleurs personne ici n’a rien remarqué. Mais moi je suis un cas spécial. Je remarque tout. »

Emilie a 12 ans et dans sa tête c’est le « balagan ». Cela signifie « bordel » en hébreu. Au collège elle fait partie des « mal-aimées », elle en est bien consciente, les filles populaires ne se lassent pas de la malmener, et en plus, depuis quelques temps, elle fait un cauchemar récurrent, elle se voit tomber d’un balcon. Alors pour faire le tri et atténuer le balagan, elle peint. C’est sa mamie qui lui en a donné l’idée. Cela fonctionne plutôt bien mais un jour elle peint son rêve, histoire de le démystifier, et son père a une étrange réaction devant le tableau, les veines de ses tempes gonflent, il met le poing devant sa bouche et puis il ne dit rien, comme toujours. Alors le balagan reprend de plus belle accompagné cette fois d’un trou au coeur.
Heureusement il y a Croquebal. C’est l’ogre mangeur de mots qu’Emilie s’est créé. Quand ceux-ci sont trop lourds et inexplicables elle les lui donne pour qu’il s’en fasse un festin. Mais elle sait bien que ce n’est pas une solution alors elle tente quand même de comprendre, d’interroger ses parents, mais cela a l’air si compliqué…

J’ai lu le premier roman de Marie Charrel, Une fois ne compte pas, et même si j’avais émis quelques réserves, j’avais envie de lire L’enfant tombée des rêves lorsque la sortie a été annoncée. Merci Marie de m’avoir proposé de le lire malgré mes réserves sur le premier.
C’est une belle surprise, un roman sans prétention mais un roman vrai qui, sans asséner de morale, délivre un message intelligent sur ce qu’on tait. Car les non-dits se sentent et provoquent souvent des sentiments diffus mais bien réels…
Malgré le sujet plus ou moins grave -et pourtant courant- ce n’est ni triste ni lourd car l’auteure sait insérer des soupçons de fantaisie, comme l’ogre imaginaire d’Emilie, coloré et sanguinolent. Croquebal est un peu la voix raisonnable d’Emilie, il l’aide à faire des choix et puis surtout à faire disparaître les-mots-en-trop. Les mots, justement, la collégienne les aime, ils ont une forme, une odeur, lui évoquent des images. Elle cherche leur racine latine, se les approprie pour mieux les comprendre. C’est un aspect qui m’a beaucoup plu.
Ce qui est drôle dans ce roman c’est qu’Emilie évolue dans les années 90, l’époque adolescente de l’auteure (la mienne aussi). Exit donc le portable et le web 2.0. Vous souvenez-vous d’East17 ou de la mode de porter les bagues en pendentif ? J’ai eu comme l’impression de revivre un morceau de mon adolescence et c’est sans doute en partie pourquoi le personnage d’Emilie a résonné familièrement. Mais chacun pourra s’y retrouver, les maux de cette période de la vie ne sont-ils pas intemporels ?… J’ai particulièrement aimé, donc, les scènes se déroulant au collège. Et la rebuffade de la jeune fille pour une histoire de chewing-gum est particulièrement réjouissante ;)) (et presque digne d’une roman de Stephen King !)
En parallèle de l’histoire de l’adolescente on suit celle de Robert Repac, un sexagénaire s’étant exilé sur les terres arides et pourtant très vivantes d’Islande (et ça donne vraiment envie de se rendre là-bas pour découvrir cette terre désolée et tellement riche d’histoire(s) !). On passe de l’un à l’autre jusqu’à ce que les fils se lient et que la lumière se fasse peu à peu…

Je ne veux pas trop en dévoiler, sachez seulement que j’ai vraiment beaucoup aimé ce petit roman. L’importance des mots, la fantaisie, la poésie, la conclusion, le pourquoi du rêve, le pourquoi du balagan. C’est simple mais c’est juste et plein de bon sens, et le bons sens à notre époque il faut le chérir.
Un joli roman doux-amer qui s’adresse à tous, aux jeunes comme aux vieux.

Le livre est truffé de passages qui ont résonné. Sauf qu’en bonne désorganisée (et flemmarde) que je suis je n’avais pas de post-it sous la main. Je tente quand même d’en laisser trace de quelques-uns…

Extraits :

« (…) on peut faire autre chose avec les mots que les dévorer tout crus.
- Ah oui ?
- Oui. Même avec les mots balagan. Plutôt que de les croquer, on peut les dompter, les dresser, les classer. On peut les secouer, les colorer, les nuancer, ou encore les mélanger et les réassembler. Cela donne de la prose ou des vers. Mais aussi des fariboles, des contes, des poèmes, des chroniques, et mêmes des salamalecs, des carabistouilles, des histoires à coucher dehors ou à dormir debout. (…) »

 » Il s’agit là d’une énigme déroutante, à la limite du compréhensible. Mais bel et bien explicable. Même lorsqu’on ne leur dit rien, les enfants savent. D’une façon ou d’une autre, grâce ou à cause de gestes et regards fuyants des adultes, des sujets évités à table, des oncles, ou cousins systématiquement absents des discussions, des photos manquantes aux albums, des messes basses du grand-père ou de la grand-tante, des non-dits et attitudes qui le plus souvent relèvent de l’inconscient, les enfants sentent. (…) »

«  »Papa, j’étais comment bébé ? » J’ignore pourquoi cette question m’est venue tout à coup, ni d’où elle vient. Dans ma tête, une tempête de balagan se prépare.
« Bébé, tu ramassais les mégots de cigarettes dans les parcs et tu les collectionnais dans tes poches. Tu trouvais ça joli – ou alors, tu étais écolo avant l’heure », sourit-il.
Avant, cette anectode me faisait rire aux éclats : j’imaginais la tête des passants me regardant ratisser le sol, dégoûtés. Même à l’époque, j’étais déjà différente des autres enfants.
« Mais là, je marchais déjà. Avant ça, j’étais comment ?
- Avant, tu étais fascinée par le lac. Dès qu’on approchait de l’eau tu te mettais à hurler « Deyo deyo ! », pour dire « De l’eau, de l’eau ». (…)
- Et encore avant ? A ma naissance, j’étais comment ?
- Tu m’emmerdes avec tes questions. Mange ! »
Mon père prononce ces mots – « tu m’emmerdes » – dès qu’on l’agace. Mais aujourd’hui, ils sont plus affûtés que d’habitude. Leurs lettres m’éraflent les joues comme des cailloux rapeux, elles m’arrachent les cheveux et meurtrissent les mains que je tends pour me protéger. Les mots de mon père ne sont destinés qu’à moi. Il faudra que je les donne à Croquebal. »

Note pour plus tard : Lire L’espèce fabulatrice de Nancy Huston et Un secret de Philippe Grimbert.

Marie Charrel par Bruno KleinPour en savoir + sur Marie Charrel :
Une très (très, j’insiste) belle interview (et au passage, bravo Marie pour tous tes (pourquoi donc je tutoie ? c’est venu comme ça, pardon) projets d’écriture, j’admire, et j’ai hâte de découvrir ;) )
Son blog
Photo : © Bruno Klein

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Muffins spéculoos chocolat blanc, la tuerie

muffins speculoos chocolat blanc

Le mariage du spéculoos et du chocolat blanc dans un muffin moelleux… Au moment de goûter cette petite tuerie hier j’ai failli mourir de plaisir. Bref une recette qui va directement dans ma liste de petites douceurs rapides et simples à réaliser. Du coup dans ma grande générosité je la partage ;-))

ingrédients muffins speculoosPour environ 15 muffins :

  • 150 g de chocolat blanc
  • 250 g de farine
  • 100 g de sucre
  • 1 sachet de levure chimique
  • 1 pincée de sel
  • 5 à 7 cuillères à soupe de pâte de spéculoos
  • 175 ml de lait
  • 60 g de beurre
  • 1 œuf

Réalisation :

Dans un saladier mélanger la farine, le sucre, la levure et le sel.
Ajouter la pâte de speculoos et mélanger à la cuillère en écrasant grossièrement sur les parois du saladier.
Couper le chocolat blanc en pépites.
Préchauffer le four à 220°c.
Faire fondre le beurre et l’incorporer à la préparation.
Dans un bol battre l’oeuf puis ajouter le lait.
Incorporer dans le premier mélange sans trop mélanger, ne pas chercher à avoir une pâte lisse (les grumeaux font tous le moelleux des muffins).
Ajouter les pépites de chocolat blanc.
Remplir des moules à muffins aux 2 tiers et mettre au four à 220° pendant 15 à 20 minutes (15 chez moi, je n’aime pas faire trop cuire, les gâteaux perdent leur moelleux).
Déguster…

muffins chocolat blanc speculoos

(Recette inspirée et légèrement modifiée d’ici)

 

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Pour quelques milliards et une roupie, de Vikas Swarup

vikas swarupQuatrième de couv’…
Par l’auteur de l’inoubliable Slumdog Millionaire, un roman picaresque foisonnant, drôle, émouvant, doublé d’un page turner redoutable. Des paillettes des plateaux télé de Mumbai aux sous-sols des bidonvilles de Delhi, un trépidant voyage au coeur de l’Inde d’aujourd’hui.
Les contes de fées, il y a bien longtemps que la jeune Sapna Sinha n’y croyait plus. Écartelée entre un propriétaire sans scrupules, une soeur qui se prend pour Miss India et une mère malade, elle a dû renoncer à ses rêves et accepter un poste de vendeuse en électroménager.
Et puis un jour, le miracle ! Le rendez-vous qu’elle attendait avec son destin. Ou en l’occurrence avec Acharya, un industriel richissime, qui lui fait une proposition hallucinante. Son entreprise, sa fortune, il lui lègue tout. À une condition : que Sapna réussisse sept épreuves.
Don du ciel ou pacte avec le diable ?
Et voilà notre jeune Sapna embarquée dans une suite d’aventures rocambolesques où elle devra, pêle-mêle, sauver une jeune fille d’un mariage arrangé, démasquer l’avarice d’une star bollywoodienne adulée, partir à la rescousse d’enfants réduits en esclavage ou encore révéler l’odieux trafic d’un médecin au-dessus de tout soupçon.
Dans ce périple au bout d’elle-même, Sapna saura-t-elle ne pas se perdre ? Jusqu’où est-elle prête à aller pour quelques milliards et une roupie ?

Pour quelques milliards et une roupie, de Vikas Swarup
(The Accidental Apprentice, 2013)
Traduit de l’anglais (Inde) par Roxane Azimi
Belfond, avril 2014, 404 pages
2 étoiles

J’avais adoré l’indien malchanceux… j’avais surkiffé Meurtre dans un jardin indien, c’est donc avec grand enthousiasme que j’ai accueilli l’annonce de la sortie du nouveau Vikas Swarup. Je trouvais l’idée de départ sympa -bien que très convenue- encore plus quand j’ai découvert que les sept épreuves à affronter s’imbriqueraient dans le quotidien de Sapna sans qu’elle soit au courant.
Hélas j’ai bien vite déchanté, chacune des épreuves se révélant des leçons de morale pas très fines et même très cliché. Je sais que ces derniers font partie de la marque de l’auteur mais ici la sauce n’a pas pris. C’est plutôt fade et très commercial. Et puis tout est si prévisible. Les épreuves s’enchaînent et se ressemblent, les méchants seront battus et Sapna gagnera ses galons. C’est d’ailleurs un modèle d’abnégation et de vertu, cette femme. Chiant, quoi.
Alors bien entendu, sous couvert d’humour et de surréalisme, l’auteur dénonce toujours autant les travers de l’Inde et la corruption qui y règne mais quitte à lire un Vikas Swarup qui dénonce mieux vaut choisir l’un des deux premiers…
Déçue, donc. Et même si le dernier tiers m’a semblé un peu meilleur, il n’aura pas réussi à l’emporter sur ce sentiment de désappointement. Cela vient-il de moi ou ce livre est-il vraiment d’un bien moindre niveau que les précédents ? Je vais patiemment attendre les retours francophones pour comprendre d’où vient le problème… Parce que, pourtant, on reconnaît immédiatement la patte de l’auteur, son style direct et accessible, les péripéties qui s’enchaînent et son humour jamais très fin. Mais non, vraiment, je reste sur une note amère et contrariée.

vikas swarup 1Né en 1963 à Allahabad, en Inde, Vikas Swarup est diplomate et écrivain. Pour quelques milliards et une roupie est son troisième roman.
(source photo auteur)

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Sidaction : On n’est pas sérieux quand on a 17 ans…

on nest pas serieux quand on a 17 ans livre de poche« Je prends le mot en plein ventre : séropositif… Mais il me l’aurait forcément dit ! Il n’aurait pas risqué de me contaminer ! Je tremble. J’ai envie de rire et de pleurer. Séropositif, ça veut dire Sida ? Il m’avait dit : « maintenant, nous deux, c’est à la vie à la mort. » J’avais dis-sept ans. J’ai cru à une déclaration d’amour. C’était une phrase de mort.
Elle m’est restée plantée dans le coeur. »

On n’est pas sérieux quand on a 17 ans, de Barbara Samson

A l’occasion du Sidaction ces 4,5 et 6 avril 2014.

Barbara Samson est un peu une icône du Sidaction. Elle en a ouvert la première soirée télévisée le 7 avril 1994 (cf vidéo ci-dessous). Aujourd’hui peu d’information circule à son sujet, elle a 39 ans et a quitté la scène médiatique au début des années 2000. En 1996 elle publie son histoire chez Robert Laffont (Fixot) avec Marie-Thérèse Cuny.

‡T

Je devais avoir 15 ans quand je l’ai lu, l’année de la première publication. J’ai un souvenir vague de mon achat mais j’ai gardé un souvenir très prégnant du texte. J’avais -à deux ans près- l’âge de la Barbara du livre et ses mots ont résonné d’une manière fracassante et familière. J’ai littéralement dévoré ce témoignage, et pleuré, beaucoup. Depuis, quand j’entends parler du sida, je pense à ce livre. (même si pas que)
Il faut préciser que ça ne raconte pas QUE le sida et c’est peut-être pour ça que ce livre fait écho chez de nombreux ados : c’est aussi l’histoire d’une jeune fille de 16 ans en conflit permanent avec le monde. Ses relations avec sa famille, sa mère notamment, sont chaotiques. Elle flirte avec l’anorexie et les tentatives de suicide comme autant d’appels à l’aide. Et c’est -ironie du sort- en maison de repos qu’elle attrape le virus du sida en tombant amoureuse d’un homme de 10 ans son aîné…

Du coup quand je vois qu’en 2014 le sida ou plus généralement les comportements à risques (incluons donc la toxicomanie dont il est aussi question dans cet ouvrage) font encore des ravages, j’ai envie de dire aux ados -ou à leurs parents- de s’acheter ce petit bouquin disponible en poche. S’il ne parlera pas à tous de la même façon il ne peut qu’alerter sur un fléau encore parfois trop négligé.

>> j’apprends (tardivement) sur Wikipedia que Barbara Samson s’est désolidarisée du Sidaction et de son fidèle ruban rouge en créant -avec d’autres- le Ruban Noir, symbole de désaccords… Je ne trouve pas plus de renseignements… Qu’en est-il aujourd’hui ?
Si par le plus grand des hasard vous avez des infos sur le sujet, n’hésitez pas à me laisser un petit mot.

>> Ils en parlent aussi : Calypso, Gwordia,

************************************

Roman

I

On n’est pas sérieux, quand on a dix-sept ans.
- Un beau soir, foin des bocks et de la limonade,
Des cafés tapageurs aux lustres éclatants !
- On va sous les tilleuls verts de la promenade.

Les tilleuls sentent bon dans les bons soirs de juin !
L’air est parfois si doux, qu’on ferme la paupière ;
Le vent chargé de bruits – la ville n’est pas loin -
A des parfums de vigne et des parfums de bière…

II

- Voilà qu’on aperçoit un tout petit chiffon
D’azur sombre, encadré d’une petite branche,
Piqué d’une mauvaise étoile, qui se fond
Avec de doux frissons, petite et toute blanche…

Nuit de juin ! Dix-sept ans ! – On se laisse griser.
La sève est du champagne et vous monte à la tête…
On divague ; on se sent aux lèvres un baiser
Qui palpite là, comme une petite bête…

III

Le coeur fou robinsonne à travers les romans,
- Lorsque, dans la clarté d’un pâle réverbère,
Passe une demoiselle aux petits airs charmants,
Sous l’ombre du faux col effrayant de son père…

Et, comme elle vous trouve immensément naïf,
Tout en faisant trotter ses petites bottines,
Elle se tourne, alerte et d’un mouvement vif…
- Sur vos lèvres alors meurent les cavatines…

IV

Vous êtes amoureux. Loué jusqu’au mois d’août.
Vous êtes amoureux. – Vos sonnets La font rire.
Tous vos amis s’en vont, vous êtes mauvais goût.
- Puis l’adorée, un soir, a daigné vous écrire !…

- Ce soir-là…, – vous rentrez aux cafés éclatants,
Vous demandez des bocks ou de la limonade…
- On n’est pas sérieux, quand on a dix-sept ans
Et qu’on a des tilleuls verts sur la promenade.

Arthur Rimbaud (1870) Recueil : Poésies

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Les petits nouveaux (6)

Quelques arrivées depuis 1 mois dans ma bibliothèque.

photo 1Une famille délicieuse est déjà lu et en ligne.
Je craque complètement sur la nouvelle collection d’Archipoche : La bibliothèque du collectionneur. Format poche, prix raisonnable, et surtout jolies finitions avec la couv’ en dur et la tranche des pages dorée. J’ai donc craqué sur Proust… J’espère que les autres titres de la collection seront nombreux !
Merci à Bouma de m’avoir fait parvenir Les Dolce 2 gracieusement. J’avais aimé le tome 1.
Les Vivants sera ma prochaine lecture…

proust

photo 3

Come Prima a été entamé hier soir. Je publierai sûrement mercredi prochain pour la Bd du mercredi…
Il me reste une centaine de pages du dernier Vikas Swarup, Pour quelques milliards et une roupie
Un nouveau John Boyne… Son garçon au pyjama rayé m’avait laissée muette…
L’énigme des enfants étranges vient de ma Box de Pandore de mars…

Justement, voici le contenu de ma box :

photo 4

Bon, je dois avouer que mis à part le livre je ne suis pas super enthousiaste concernant ma première box. Je n’ai pas besoin de l’agenda (en noir). Je n’aime pas le carnet marron, la BD ne m’attire pas des masses et comme d’autres j’ai trouvé étrange le livret pour enfants avec la mention « ne peut être vendu ».
Je me réabonnerai sûrement un de ces quatre… Après tout c’est différent chaque mois. Seulement, financièrement je ne pourrai pas me le permettre tous les mois. A suivre, donc.

Bonne journée et bonne fin de semaine ;)

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Une famille délicieuse, de Willa Marsh

une famille délicieuse Willa MarshQuatrième de couv’
« - Je connais un secret.
Elle se mit à sourire légèrement, d’un air malin. Sa voix était plus forte, maintenant, et elle avait pris cette vieille intonation chantante. La peur piqua Nest au ventre. »

Mina et Nest vivent à Ottercombe House, imposante demeure familiale plantée au coeur de la lande, entourées de leurs chiens et unies par le souvenir d’une enfance idyllique. L’arrivée de Georgie, la soeur aînée atteinte de démence sénile, fait ressurgir un passé douloureux qu’elles auraient préféré oublier. Pire, Georgie s’apprête à révéler des secrets au pouvoir destructeur… Les deux cadettes sont prêtes à tout pour empêcher que la vérité n’éclate au grand jour. Qui aurait cru que ces respectables vieilles dames avaient tant de choses à dissimuler ?

Une famille délicieuse, de Willa Marsh (The Children’s Hour, 2003)
Traduit de l’anglais par Eric Mc Comber
477 pages, éditions Autrement, mars 2014
3 étoiles

Je ne connaissais pas Willa Marsh et c’est un peu au faciès que j’ai choisi ce livre mis bien en avant au hall du livre de Nancy. (=> tout ça est donc de la faute de FaFa.)

L’histoire est celle d’une famille de trois générations dont les piliers sont deux soeurs septuagénaires vivant toujours dans la maison qui les a vues grandir. L’arrivée de leur soeur aînée que la maladie d’Alzheimer ravage peu à peu va bouleverser le quotidien paisible de la maisonnée et faire ressurgir les souvenirs. C’est donc grâce à d’habiles flash-backs que le puzzle va s’assembler au fil des pages des années 1930 à nos jours.
Se dégage de ce roman un goût de nostalgie heureuse (coucou Amélie Nothomb) dont le personnage de Mina (l’une des soeurs) n’est pas étranger. Son portrait raisonnable et solide, aimant et généreux, fait partie de ceux que l’on aimerait tous avoir à nos côtés.
La vie n’a pourtant pas toujours été facile à Ottercombe et le poids des carcans de l’époque fera cogiter le lecteur d’aujourd’hui. Mais c’est la vie qui l’emporte toujours même si elle brise des coeurs sur son passage.
Le sentiment du temps qui passe est l’élément qui m’a le plus frappé puisque les générations se succèdent et que la mort guette mais heureusement pas l’oubli, l’histoire de chacun se tissant à travers celles de sa famille et de ses proches.
La culpabilité est là aussi en toile de fond, notamment celle qu’éprouvent les soeurs face à la démence de leur aînée. Mais la plume de Willa Marsh arrive pourtant à atténuer les souffrances conséquentes à cette terrible maladie…
Les portraits psychologiques sont assez finement brossés, Georgie, Mina, Nest, Henrietta, Lydia, Timothy, Connor et les autres ont tous leur particularité qui fait qu’on s’y attache et qu’on s’y retrouve… C’est aussi l’histoire d’une grande fratrie, unie malgré les tempêtes.
Autre point bienvenue : des références littéraires ponctuent le récit car la lecture est l’un de moteurs de Mina. Dommage que je ne les ai pas toutes saisies, je ne suis absolument pas calée en classiques anglo-saxons…

C’est donc une belle histoire de famille et de générations, pourtant je ne suis pas emballée à 100%. Le style et le choix des mots sont trop convenus, trop « polis », pas assez rugueux. Ce qui fait qu’ils glissent et passent sans rien accrocher. Les passages descriptifs de la nature (aussi belle soit-elle) m’ont semblé longs, répétitifs et trop nombreux. Et puis je n’ai pas retrouvé cette ironie plus ou moins mordante que je pensais pourtant trouver à la lecture du titre et du synopsis. Tout ça reste bien trop sage…
Peut-être que ce que je reproche est imputable à la génération de l’auteure ? Je ne sais pas. Toujours est-il que je ne suis pas sûre de me jeter voracement sur les autres titres de Willa Marsh car malgré le moment agréable passé avec ce roman je m’attendais à tout autre chose.

*********************

Willa MarshMarcia Willet, alias Willa Marsh, est née en Angleterre, en 1945. Elle a écrit son premier roman à cinquante ans passés. Elle en a depuis publié plus de vingt autres qui sont tradnuits dans seize pays. Une famille délicieuse est son cinquième livre à paraître chez Autrement. (source photo auteur)

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Sale gosse, Stephen King

sale gosse stephenking 2014Présentation de l’éditeur :
Un gamin diabolique qui provoque immanquablement la disparition de vos proches, un sale gosse qui a conduit le comptable George Hallas dans le couloir de la mort. Et qui pourrait bien un jour croiser votre chemin…

Sale gosse, de Stephen King (Bad Little Kid), 2014
Editions Albin Michel, ebook.
Nous n’aurons pas la chance de connaître le nom du traducteur dans la version numérique.
3.5 étoiles sur 5

A l’occasion de la sortie de Docteur Sleep en novembre 2013, l’Europe avait l’honneur de recevoir Stephen King himself, la France et l’Allemagne notamment. Enchanté par l’accueil reçu, il aurait décidé de publier la nouvelle Sale Gosse en exclusivité dans les pays suscités pour faire patienter ses fans qui attendent son prochain roman, Joyland, prévu le 2 mai 2014 chez Albin Michel. (notons que ce titre est paru en 2013 aux Etats-Unis directement en format poche… comme Colorado Kid à l’époque. -source : StephenKingfrance.fr- et que les français ne pourront se l’offrir qu’en grand format pour une vingtaine d’euros..).

Sale Gosse s’achète exclusivement en format numérique et malgré le nombre de pages de l’ebook (76), la nouvelle n’en fait qu’une cinquantaine puisqu’à la fin de l’ouvrage il y a 16 pages de pub pour les romans numériques de l’auteur et les premières pages du roman à paraître en mai.  Notons également qu’en format papier je doute que la nouvelle fasse plus de 40 pages en format poche, et même plutôt moins.
Je sais bien que c’est une nouvelle et que par définition les nouvelles sont courtes, mais en tournant la dernière page  et même si j’ai apprécié ma lecture ce sont les mots « c’est tout ? » qui m’ont effleuré l’esprit…
On retrouve bien sûr la patte de King et des « bons King » (or Dôme et Docteur Sleep, donc) : le style plutôt familier et limpide, des personnages tout ce qu’il y a de plus banal auxquels on peut s’identifier et s’attacher immédiatement, et une situation horrifique/fantastique juste bien dosée qui s’insinue doucement dans le réel. On plonge facilement dans l’histoire grâce à la façon d’amener l’intrigue : un condamné à mort raconte son passé à son avocat, un peu à la « Il était une fois »… Bref plutôt réussi, si ce n’est que la fin est attendue depuis le presque-début et que de surprise il n’y a pas. Et puis comme en format numérique on ne sait jamais à quelle page s’arrête l’histoire je me suis retrouvée le bec dans l’eau lorsque j’ai constaté -comme je le disais en intro- que sur les 76 pages annoncées, il n’y en a en fait qu’une petite 50aine consacrées à la nouvelle. Et du coup, ce qui me fait hurler, c’est le prix : 4€. Soit 21,08 francs. Pour si peu de pages non palpables et tellement de pub.

Il n’empêche que si vous êtes prêt à mettre le prix -ou à télécharger le fichier illégalement-  la nouvelle accompagnera agréablement votre trajet de transport en commun et les premières pages de Joyland sont plutôt sympathiques… A suivre, donc.

Mélo, agacée.

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