[BD] Les innocents coupables, tome 1 : La fuite – Laurent Galandon & Anlor
Présentation de l’éditeur :
Janvier 1912. Quatre jeunes parisiens sont conduits dans une lointaine campagne. Condamnés à diverses peines, ils rejoignent la colonie pénitentiaire agricole « Les Marronniers ». Les poulbots vont découvrir et apprendre de nouvelles règles dans ce lieu que l’on appellera plus tard « les bagnes d’enfants ». L’injustice et la violence, mais aussi l’amitié et la solidarité, constituent le quotidien des colons. Jean a ses secrets ; Adrien, ses doutes ; Miguel, ses blessures ; Honoré, un caractère bien trempé… Et nos héros refusent d’être écrasés par le système pénitentiaire. D’autant plus qu’à l’échelle de ce microcosme social, ils ont chacun leurs projets…
Les innocents coupables, tome 1 : La fuite, de Laurent Galandon (scénario) & Anlor (dessins et couleurs)
Editions Bamboo, coll Grand Angle (mars 2011)
48 pages
Cet album m’a tapé dans l’oeil à la librairie. Le titre sonnait bien à mes oreilles, et le dessin de couverture combiné aux couleurs m’a totalement emballé. Bilan après les 48 pages : la vache c’est trop court, il est où le tome 2 ?
Cette BD attire notre attention sur les colonies pénitentiaires agricoles, fait tristement réel au début du XXème siècle. Quatre jeunes mineurs ET (surtout) pauvres y sont envoyés pour cause de menus larcins afin de rentrer dans le « droit chemin ». Or il s’avère que cet endroit ressemble plutôt au bagne qu’à un centre éducatif. Progressivement nous faisons la connaissance de chacun des garçons qui s’adaptent différemment à ce nouvel environnement. Une réflexion sur le quotidien et la survie en milieu carcéral se dégage… Eux aussi apprennent à se connaître et leurs histoires respectives sont abordées par les conversations qu’ils ont le temps de voler çà et là. On se rend compte que ce sont des enfants élevés dans des familles auxquelles l’argent a fait défaut à un moment ou à un autre… L’injustice des différences des milieux sociaux transpire. Le lieu fonctionne aux brimades et aux pots-de-vin : c’est à coups d’humiliations et de travaux harassants dans un confort dérisoire que la nation veut en faire des hommes dociles et nettoyer la délinquance pas propre de ses rues… Mais dans toute cette noirceur, la solidarité, l’humanité et la gnak transparaissent pour le bonheur de nos ptits coeurs. La fin se termine sur un cliffhanger complet (et ça c’est pas gentil-gentil) qui promet une suite différente et haute en pérégrinations.
Les dessins et les couleurs sont magnifiques mais ils subliment presque cet univers éprouvant. Les visages et expressions sont bien rendues : Souffrances, misère, étincelles de solidarité, détermination…
La seule chose que je reprocherais, vu la vitesse avec laquelle j’ai avalé le premier tome, c’est que je sais déjà que ce sera trop court, puisque il y n’y a que 3 tomes de prévus (d’ailleurs je crois que le dernier n’est pas encore sorti). Pourtant j’en aurais bien repris quelques uns pour la route.
A noter que ce lieu, « Les Marronniers » dans la BD, se base sur une véritable colonie pénitentiaire créée en 1839 située en Indre et Loire qui a fermé un siècle après. « Mettray était à l’origine une initiative privée philanthropique créée pour éviter le système cellulaire aux enfants et favoriser leur rééducation morale et professionnelle »….
Je me réjouis, avec cette BD, d’avoir pu ajouter à ma faible culture historièsque… parce que je crois que je n’avais encore jamais entendu parler de ces colonies pour mineurs… Une belle BD qui allie divertissement et Histoire, what else ?
Pour aller plus loin :
Chronique et interview chez Quelques plumes
Et la bande-annonce :

Laurent Galandon n’a démarré qu’en 2005 sa carrière de scénariste de bande dessinée. Il s’est fait connaître avec son premier diptyque l’Envolée sauvage, réalisé avec un autre jeune talent Arno Monin, plusieurs fois primé et salué tant par la critique que le public.
Après une belle année 2009, où il signe notamment Quand souffle le Vent dans la collection Long Courrier chez Dargaud, s’attaque au terrorisme islamique avec Shahidas et aborde la Guerre d’Algérie avec Tahia el Djazaïr, l’année 2010 s’annonce encore plus animée.
En avril 2010 sortie de son nouvel album, le Cahier à fleurs dessiné avec beaucoup de sensibilité par Viviane Nicaise, auteur vivant en Grèce qu’il n’a pas encore rencontrée et qui devrait terminer le T.2.
Installé aujourd’hui en Ardèche, le jeune scénariste multiplie chez Bamboo et Dargaud des projets d’albums ancrés dans l’Histoire pour mieux l’interroger et faire réfléchir. Avec une écriture sensible et engagée, un sens du découpage et de la narration, il a su tirer avantage de sa grande culture cinématographique pour offrir aux lecteurs des histoires passionnantes qui bousculent les préjugés.
(source : Babelio)
Anlor a étudié aux Arts-Décoratifs de Paris (ENSAD) d’où elle est sortie diplômée en section Animation. Elle réalise en 2001 Qui veut du Pâté de Foie ?, court-métrage en volume animé stop-motion, primé dans de nombreux festivals (Annecy, Zagreb, Paris…). Elle travaille ensuite en tant qu’animatrice, puis réalisatrice. En 2011, elle signe sa première BD : Les Innocents coupables chez Grand Angle.
(source : bedethèque)
4ème BD du mercredi, rendez-vous hebdo chez Mango
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Laurent Galandon n’a démarré qu’en 2005 sa carrière de scénariste de bande dessinée. Il s’est fait connaître avec son premier diptyque l’Envolée sauvage, réalisé avec un autre jeune talent Arno Monin, plusieurs fois primé et salué tant par la critique que le public.
Anlor a étudié aux Arts-Décoratifs de Paris (ENSAD) d’où elle est sortie diplômée en section Animation. Elle réalise en 2001 Qui veut du Pâté de Foie ?, court-métrage en volume animé stop-motion, primé dans de nombreux festivals (Annecy, Zagreb, Paris…). Elle travaille ensuite en tant qu’animatrice, puis réalisatrice. En 2011, elle signe sa première BD : Les Innocents coupables chez Grand Angle.
Le mardi sur son 31 (9)
Aujourd’hui exceptionnellement, je partage une phrase d’un livre terminé avant-hier parce que je suis incorrigible… Je commence d’autres lectures avant d’avoir terminé les précédentes, selon mon humeur et mes envies, et comme je reprends aujourd’hui la lecture du livre du dernier mardi sur son 31 et pour ne pas partager deux fois la même chose
Et si nos journées commençaient à s’allonger, d’abord de quelques minutes, puis de plusieurs heures, jusqu’à ce que le jour devienne la nuit et la nuit le jour ?






Rachel Ward est l’auteure d’Intuitions paru sous le titre original de « Numbers » . Elle avait écrit au départ une nouvelle sous le titre éponyme qui connu un très vif succès et elle décida de le réécrire pour en faire un roman.
Présentation de l’éditeur














