Sauf quand on les aime, Frédérique Martin

Sauf quand on les aime Frédérique MartinQuatrième de couv’…
Ils sont jeunes, et alors ? Quand la jeunesse ne va plus de soi, que l’âge adulte n’est pas donné, la voie est étroite pour quatre copains qui se veulent du bien…
Claire, Juliette et Kader ont un peu plus de vingt ans, et la vie les a déjà malmenés. Dans un contexte peu accueillant, ils se sont adoptés et ont fabriqué ensemble une nouvelle famille. L’arrivée de l’indomptable Tisha et les tourments enflammés de monsieur Bréhel vont tout bousculer. De Toulouse à Tunis, pris entre amour et amitié, ils se frôlent et se heurtent, mais tentent à tout prix de préserver leur tendresse et leur solidarité.
Jusqu’au jour où la violence leur impose la mesure du réel.
Sauf quand on les aime ébauche le portrait d’une jeunesse silencieuse qui peine à se mettre au monde. Une jeunesse meurtrie en quête de liberté et d’avenir, confrontée au défi d’aimer.

Sauf quand on les aime, de Frédérique Martin
Belfond, août 2014, 222 pages
3.5 étoiles sur 5

Les premières lignes sont crues, on se les prend en pleine face :
« -Tu n’es qu’une pute, espèce de macaque, une salope descendue de l’arbre. Et moi je suis le messager de Dieu. File-moi ton 06, file le moi ! »
Et mon coeur était déjà au bord des lèvres lorsque la femme blonde, passagère du train et spectatrice de l’agression, entame un dialogue avec l’agresseur :
 » – Vous comprenez que vous lui faites peur ? Qu’elle est seule devant vous ? 
- Non mais c’est elle qu’a commencé. j’me suis assis pour causer, c’est tout. j’voulais son numéro et comment elle a gueulé, là..
- Vous êtes grand. Et puis vous parlez fort, vous vous énervez. Vous êtes impressionnant, vous vous en rendez compte ?
La femme a un regard direct. Quelque chose le touche, qu’il ne sait pas nommer, qu’il ne reconnaît pas – sa bienveillance. La vague de fureur reflue en lui, recule, s’évanouit. »

Sauf quand on les aime est âpre, cru et assez sombre. La peur domine. L’histoire se déroule à Toulouse autour de quatre jeunes colocataires. Tisha est la dernière arrivée, grande black sanguine qui n’a pas la langue dans sa poche -un peu agaçante, d’ailleurs-. Elle s’installe avec Claire, jeune fille un peu effacée et délicate jouant du violoncelle, Juliette, déjà orpheline qui bosse dans une maison de retraite et Kader intérimaire sur des chantiers par nécessité.
Toute la réalité sociale nous pète au visage. Précarité de ces jeunes qui aimeraient pourtant se construire un autre présent. Violence du quotidien, peu de perspectives d’avenir. Et ça fait mal, ça lacère le coeur et ça étouffe. J’ai souffert en parcourant ces pages en même temps que les personnages. Même le voisin, monsieur Bréhel, s’étrangle dans sa solitude… Et puis il y a l’amour. Pas aussi simple qu’on le voudrait. Kader aime Juliette mais Juliette aime Ethan, beau personnage insaisissable, électron libre avide d’indépendance et de sérénité.
Le roman est divisé en 3 parties, 3 étapes pour nos colocataires. Et si je trouve qu’on s’embourbe dans un marasme trop sombre et citadin pendant les deux premières, j’ai enfin pu respirer – un peu – à la troisième. La plus belle et la plus réussie, à mon sens. Avec des descriptions de la Tunisie et des sensations qui permettent de relâcher le souffle.
Ce qui est sûr c’est que les mots sont justes, même s’ils font mal, que le rythme est soutenu et la langue moderne, citadine, frappe dans toute son honnêteté.
Un titre dur mais non dénué d’espoir, qui saura être apprécié de tous mais qui, je pense, touchera surtout les jeunes qui sauront s’y reconnaître.

Extraits :
« Il ira chercher ailleurs un espace dépeuplé, coupé de tout bruit autre que celui de la croissance des racines dans leur obstination à posséder les sols. Seules l’indifférence implacable des roches, la massivité de l’eau, la pesanteur féroce de la terre, ou encore cette obstination sans état d’âme que la plus insignifiante des herbes engage pour durer, lui éviteront de devenir fou à son tour. Il le sait. »

« Devant monsieur Bréhel, une femme relève ses cheveux, les noue prestement sur sa nuque dans une abondance de mèches désordonnées. Le geste est gracieux, d’une indicible beauté naturelle qui le trouble jusqu’aux larmes. Le parfum d’un gigot saturé d’ail et de thym réveille son appétit, son ventre se met à gronder. Monsieur Bréhel s’arrête, pose son panier à ses pieds, s’adosse au mur de l’immeuble, le visage offert au soleil, les yeux clos. Il pourrait pleurer, là, tout de suite, tellement on est heureux parfois, sans raison, comme on prend un coup. »

« Le chat progresse avec précaution dans l’herbe détrempée. Un pas et il suspend sa patte, s’immobilise à la recherche de l’endroit le plus sec où le poser. Son port de tête arrogant donne l’impression qu’il méprise son environnement. Mais il est trahi par le frémissement de ses larges oreilles offusquées par les gouttes. Il finit par s’asseoir, insensible au sol qui trempe son pelage gris, sa queue épaisse et ses coussinets. Il entreprend une toilette minutieuse sous les grondements de l’orage, s’aidant de la pluie pour humecter son poil encore fourni malgré l’avancée du printemps. Juliette se demande si le chat s’inquiète de la grisaille, s’il craint de ne jamais revoir le soleil, ou s’il prend les choses comme elles viennent, entières et pleines à chaque instant. »

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challenge RL 2014

Je file lire ce que ma complice de lecture, Sophie, en a pensé. :-)
Ils en parlent aussi : MaeveLeiloonaStephieTitouMargueriteA bride abattue – …
MERCI Dialogues !!
1er titre dans mon challenge Rentrée littéraire 2014.

frédérique martinFrédérique Martin vit près de Toulouse. Prix Prométhée de la nouvelle pour L’Écharde du silence (Le Rocher, 2004), elle a également publié, entre autres livres, un roman pour la jeunesse, un recueil de poésie et, chez Belfond, Le vase où meurt cette verveine(2012).
(source photo auteur : babelio)
Site de l’auteur : http://www.frederiquemartin.fr/

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Good Bye Berlin, de Wolfgang Herrndorf

Good bye Berlin Wolfgang HerrndorfQuatrième de couv’…
C’est parce que Maik et Tschick sont les seuls à ne pas être invités à l’anniversaire de Tatiana, qu’ils décident de partir en voiture vers Valachie, plein sud. Le soleil donnera la direction. S’il pleut ? Ils verront bien. Tschick, l’immigré russe, au volant, Maik, le fils de bonne famille, à ses côtés. Ils ont quatorze ans. C’est parti pour un road trip ! Les deux garçons vont plonger dans des situations cocasses, croiser des personnagesextravagants.se perdre dans des paysages irréels. Leur bonne humeur indéfectible transforme le voyage en une odyssée joyeuse et burlesque.
Ce livre nerveux, qui joue des déchirements de la jeunesse, est animé par un profond esprit de tendresse et d’optimisme. Un livre heureux, qui rend heureux.

Good Bye Berlin, de Wolfgang Herrndorf (Tschick, 2010)
traduit de l’allemand par I. Enderlein
éditions Thierry Magnier (2012) 329 pages
(à partir de 13 ans je dirais)
4,5 étoiles sur 5

Quel bon roman ! Que de sourires, de rires, de justesse et de tendresse. Des ptites étoiles plein le coeur en cette rentrée morose…
L’histoire est racontée par Maik, 14 ans, transparent au collège et amoureux de Tatiana, la fille canon de sa classe. Ce n’est pas un collégien vraiment malheureux malgré son père dont l’entreprise fait faillite et sa mère dépendante à l’alcool. Il est lambda, plutôt discret, un peu loser…

« J’ai jamais eu de surnom. A l’école, je veux dire. Mais sinon non plus. Mon nom est Maik Klingenberg. Maik. Pas Maiki, pas Klinge ou une autre ineptie du genre, toujours juste Maik. Sauf en sixième, où on m’a brièvement appelé Psycho. C’est pas le pied intersidéral, qu’on vous appelle Psycho. Mais de toute façon, ça a pas duré longtemps, et après j’étais de nouveau Maik. »

Un jour arrive dans sa classe un dénommé Tschick.

« Au départ, Tschick, je pouvais pas le saquer. Personne pouvait le saquer. C’était un cas social, même physiquement. (…) C’est peut-être pas important de dire ce que j’ai pensé de Tschick la première fois que je l’ai vu, mais je veux quand même le faire. En l’occurence, j’ai eu une impression super négative de ce type qui venait de débarquer avec Wagenbach. Deux gros cons sur un plateau, je me suis dit. Alors qu’en fait je le connaissais même pas. Je pouvais pas savoir si c’était un gros con ou pas. Il s’est avéré qu’il était russe. Il était de taille moyenne, portait une chemise blanche toute sale à laquelle il manquait un bouton, un jean à dix euros de chez Pantashop et des chaussures brunes informes qui avaient une tronche de rats morts. »

Puis un peu par hasard et parce qu’ils sont quasiment les seuls à ne pas être invités à l’anniversaire de Tatiana, ils lient amitié le dernier jour de classe avant les vacances scolaires. Tschick, beaucoup plus débrouillard, va finir par entraîner Maik dans un road trip impromptu et déjanté…

« Dix minutes plus tard, on chargeait la Lada à fond. De notre garage, on a accès direct à la maison. On a transbahuté tous les trucs qui nous paraissaient utiles d’une manière ou d’une autre. D’abord du pain, des biscottes, et de la confiture, puis des boîtes de conserve, au cas où. (…) On a foutu le bazar grave. Tout à la fin, on a eu l’idée d’emporter un bac d’eau, et ça, ça s’est avérée la meilleure de nos idées. Ou plutôt la seule bonne idée. Parce que tout le reste, c’était de la pure débilité mentale. Des raquettes de badminton, un énorme tas de mangas, quatre paires de chaussures, la boîte à outils de mon père, six pizzas surgelés. Le truc qu’on a pas emporté, en tout cas, c’était nos portables. »

Vous voyez le topo. Les deux garçons vont croiser des Aristos à vélos, une ado qui a l’air de vivre dans une décharge, une famille bizarre mais sympa, une orthophoniste généreuse ou encore un retraité qui vit encore en 1940. On flirte là entre le réel et le burlesque, les situations deviennent abracadabrantes et la fin est carrément poussée (d’ailleurs ce petit roman se prêterait bien à une adaptation au cinéma). Cependant même si une petite longueur s’est faite sentir vers la moitié, c’est frais, c’est tendre, émouvant, drôle (les descriptions des profs sont des passages mémorables !!) et le message de simplicité délivré ne peut que faire le plus grand bien… On en reprendrait volontiers quelques pages pour en apprendre plus sur Tschick (qui donne son nom au titre VO) et retrouver Isa et Maik.

JE CONSEILLE !

« Pas la peine d’espérer qu’il en reste là. Y’a des profs qui se contentent de déchirer les petits mots, qui les foutent à la poubelle, ou les mettent dans leur poche. Et puis il y a Wagenbach. Et Wagenbach, c’est le plus grand trou du cul du monde. C’est le seul prof du bahut à confisquer les portables et à faire la lecture de toute la mémoire SMS. On peut ramper ou chialer à quatre pattes, Wagenbach lit tout. Il a déplié le billet d’un geste solennel. j’espérais un miracle, genre qu’un météorite tombe du ciel et désintègre le cul de Wagenbach. Ou du moins que la cloche sonne, ça aurait suffit. Mais évidemment la cloche n’a pas sonné, et évidemment aucun météorite n’est tombé du ciel. Wagenbach a laissé son regard glisser sur l’assistance et a pris posture. je crois qu’il aurait voulu être acteur ou chansonnier. Sa carrière s’est arrêtée à trou du cul. »

herrndorf_01Attristée d’apprendre que l’auteur est décédé l’année dernière au mois d’août :-(
Wolfgang Herrndorf (1965-2013) a fait des études de peinture et a notamment dessiné pour le mensuel satirique Titanic. Suite à sa parution en 2010, Tschick a fait l’objet de critiques extrêmement favorables dans les plus prestigieux journaux d’Allemagne. Véritable phénomène littéraire en Allemagne, ce roman a été publié en France sous le titre Goodbye Berlin. Le pendant nihiliste de ce roman, Sable, est paru en septembre 2014 dans la collection littérature adulte des Éditions Thierry Magnier. Une œuvre majeure, à lire absolument ! (source Thierry Magnier - source photo auteur)

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Les jolies sirènes de la rentrée littéraire (2014)

 

J’aurais aimé ne pas entendre les jolies sirènes de la rentrée littéraire, j’ai une Pile à Lire déjà très conséquente chez moi (!), mais pour ça il aurait fallu que je coupe internet depuis au moins un mois et que je m’enferme à double tour dans la cave d’un moine au Tibet (au moins). C’est juste impossible de ne pas aller cliquer sur les belles nouveautés clignotantes-fluo ou ne serait-ce que de passer devant le rayon librairie à Auchan en allant acheter des courgettes. Bref, je capitule et je dresse la liste de mes tentations histoire de les avoir sous le coude et à mon tour vous donner envie (gnark).

 

9782714456878

L’Incolore Tsukuru Tazaki et ses années de pèlerinage (Haruki Murakami, Belfond)

Impossible de passer à côté du nouveau Murakami qui me tente énormément. Et quand en plus la page Facebook Murakami France allèche le lecteur avec des interviews et des extraits c’est irrésistible. Reste que ce roman a l’air bien sombre et que j’ai peur. (c’est malin).

Présentation éditeur :
« Depuis le mois de juillet de sa deuxième année d’université jusqu’au mois de janvier de l’année suivante, Tsukuru Tazaki vécut en pensant presque exclusivement à la mort.
À Nagoya, ils étaient cinq amis inséparables. L’un, Akamatsu, était surnommé Rouge ; Ômi était Bleu ; Shirane était Blanche et Kurono, Noire. Tsukuru Tazaki, lui, était sans couleur.
Tsukuru est parti à Tokyo pour ses études ; les autres sont restés.
Un jour, ils lui ont signifié qu’ils ne voulaient plus jamais le voir. Sans aucune explication. Lui-même n’en a pas cherché.
Pendant seize ans, Tsukuru a vécu comme Jonas dans le ventre de la baleine, comme un mort qui n’aurait pas encore compris qu’il était mort.
Il est devenu architecte, il dessine des gares.
Et puis Sara est entrée dans sa vie. Tsukuru l’intrigue mais elle le sent hors d’atteinte, comme séparé du monde par une frontière invisible.
Vivre sans amour n’est pas vivre. Alors, Tsukuru Tazaki va entamer son pèlerinage. À Nagoya. Et en Finlande. Pour confronter le passé et tenter de comprendre ce qui a brisé le cercle.
Après la trilogie 1Q84, une oeuvre nostalgique et grave qui fait écho aux premiers titres du maître, La Ballade de l’impossible notamment. »

Peine perdue olivier adamPeine perdue (Olivier Adam, Flammarion)

Je n’ai jamais réussi à me lancer dans un livre d’Olivier Adam, c’est étrange parce que pourtant  je tourne autour de cet auteur depuis bien longtemps. Le pitch de ce nouveau titre est irrésistible, un roman choral avec 22 personnages dans une seule station balnéaire en hiver. Ca me tente, ça me tente. Mais ça a l’air très sombre également. J’ai croisé une critique négative sur Babelio mais ça ne me freine pas encore.

Présentation éditeur :
« Les touristes ont déserté les lieux, la ville est calme, les plages à l’abandon. Pourtant, en quelques jours, deux événements vont secouer cette station balnéaire de la Côte d’Azur: la sauvage agression d’Antoine, jeune homme instable et gloire locale du football amateur, qu’on a laissé pour mort devant l’hôpital, et une tempête inattendue qui ravage le littoral, provoquant une étrange série de noyades et de disparitions. Familles des victimes, personnel hospitalier, retraités en villégiature, barmaids, saisonniers, petits mafieux, ils sont vingt-deux personnages à se succéder dans une ronde étourdissante. Vingt-deux hommes et femmes aux prises avec leur propre histoire, emportés par les drames qui agitent la côte.Avec Peine perdue, Olivier Adam signe un livre d’une densité romanesque inédite, aux allures de roman noir, et dresse le portrait d’une communauté désemparée, reflet d’un pays en crise. »

Sauf quand on les aime frédérique martinSauf quand on les aime (Frédérique Martin, Belfond)

Bon ça je balance c’est principalement la faute de Leiloona et maintenant de Stephie… (attachez-leur les mains pour ne plus qu’elles écrivent sur leur blog. S’il vous plait.)

Présentation éditeur :
« Ils sont jeunes, et alors ? Quand la jeunesse ne va plus de soi, que l’âge adulte n’est pas donné, la voie est étroite pour quatre copains qui se veulent du bien…
Claire, Juliette et Kader ont un peu plus de vingt ans, et la vie les a déjà malmenés. Dans un contexte peu accueillant, ils se sont adoptés et ont fabriqué ensemble une nouvelle famille. L’arrivée de l’indomptable Tisha et les tourments enflammés de monsieur Bréhel vont tout bousculer. De Toulouse à Tunis, pris entre amour et amitié, ils se frôlent et se heurtent, mais tentent à tout prix de préserver leur tendresse et leur solidarité.
Jusqu’au jour où la violence leur impose la mesure du réel.
Sauf quand on les aime ébauche le portrait d’une jeunesse silencieuse qui peine à se mettre au monde. Une jeunesse meurtrie en quête de liberté et d’avenir, confrontée au défi d’aimer. »

le jour où la guerre s'arrêta pierre bordageLe jour où la guerre s’arrêta (Pierre Bordage, Au Diable Vauvert)

C’est méga tentant. Je n’ai lu qu’un Pierre Bordage (Porteurs d’âmes) que j’avais beaucoup aimé et j’ai très envie d’y revenir avec ce nouveau titre dans lequel j’imagine trouver un peu de chaleur.

Présentation éditeur :
« Un enfant étonnamment mûr et plein d’empathie pour l’humanité, mais ignorant de notre monde, comme un nouveau petit Prince perdu dans notre présent, visite la Terre et partout, d’un endroit à l’autre, s’étonne et souffre de ne voir que conflits, cruautés, tueries, viols, lapidations, malheurs. Et partout pour les bourreaux comme les victimes, la violence détruit l’humanité. L’enfant propose alors aux hommes de faire taire les armes, et leur accorde une trêve… »

Big Brother Lionel ShriverBig Brother (Lionel Shriver, Belfond)

J’ai peur du roman coup de poing mais ça me tente terriblement.

Présentation éditeur :
« Après, entre autres, Il faut qu’on parle de Kevin, la nouvelle bombe de Lionel Shriver. Toute sa verve sarcastique, sa profondeur d’analyse, son esprit de provocation dans un roman choc partiellement autobiographique sur un sujet brûlant d’actualité : notre rapport névrotique à la nourriture, et son corollaire, l’obésité alarmante dans nos sociétés occidentales.
Femme d’affaires en pleine réussite, mariée à Fletcher, un artiste ébéniste, belle-mère de deux ados, Pandora n’a pas vu son frère Edison depuis quatre ans quand elle accepte de l’héberger.
À son arrivée à l’aéroport, c’est le choc : Pandora avait quitté un jeune prodige du jazz, séduisant et hâbleur, elle découvre un homme obèse, contraint de se déplacer en fauteuil, négligé, capricieux et compulsif. Que s’est-il passé ? Comment Edison a-t-il pu se laisser aller à ce point ? Pandora a-t-elle une part de responsabilité ?
Entre le très psychorigide Fletcher et le très jouisseur Edison, la tension ne tarde pas à monter et c’est Pandora qui va en faire les frais. Jusqu’à se retrouver face au pire des dilemmes : choisir entre son époux et son frère.
Qui aura sa préférence ? Pourra-t-elle sortir son frère de la spirale dans laquelle il s’est enfermé ? Edison le veut-il seulement ? Peut-on sauver malgré eux ceux qu’on aime ? »

Contrecoups nathan filerContrecoups (Nathan Filer, Michel Lafon)

C’est le seul livre de la rentrée littéraire que je vais recevoir de la part de l’éditeur et l’un des premiers titres repérés dans le catalogue Michel Lafon pour cette rentrée. Un thème inhabituel, trop peu traité et trop utilisé à tort et à travers. J’ai vraiment vraiment hâte et je me réserve sa lecture sans aucune lecture de critiques.

Présentation éditeur :
« Matthew a 19 ans, et c’est un jeune homme hanté. Par la mort de son grand frère, dix ans auparavant. Par la culpabilité. Par la voix de Simon qu’il entend partout, tout le temps…
Matthew a 19 ans et il souffre de schizophrénie, une maladie qui « ressemble à un serpent ». Pour comprendre son passé et s’en libérer, Matthew dessine, écrit. Il raconte l’enfance étouffée par la perte, la douleur silencieuse de ses parents ; l’adolescence ingrate brouillée par les nuages de marijuana ; la lente descente dans la folie, l’internement… Mais aussi, avec un humour mordant, le quotidien parfois absurde et toujours répétitif de l’hôpital psychiatrique, les soignants débordés, l’ennui abyssal… Et le combat sans cesse renouvelé pour apprivoiser la maladie, et trouver enfin sa place dans le monde.
Bouleversant, tourmenté, souvent drôle, Contrecoups est un roman tendre et courageux, porté par une voix absolument unique. »

joachim meyerhoff jusqu'ici et pas au delàJusqu’ici et pas au delà (Joachim Meyerhoff, Anne Carrière)

Ce midi j’ouvre mon facebook histoire de digérer ma salade tomates féta oignons et lire tranquillement les nouvelles quand BIM ! Je tombe là-dessus. Vaincue par ko.

Présentation éditeur :
« Benjamin de trois frères, Joachim doit lutter pour retenir l’attention de ses parents. Il voue un véritable culte à son père, un homme obèse et obsessionnel, lecteur compulsif, bienveillant, mais totalement accaparé par son métier. La famille habite une maison située dans la grande propriété qui accueille les divers bâtiments de la clinique, entourés d’un parc.
Dans cette chronique drôle, subtile et émouvante, Meyerhoff évoque un certain nombre d’épisodes marquants de son enfance : sa découverte d’un cadavre dans les jardins ouvriers de sa petite ville ; ses rapports avec les jeunes patients de son père ; ses relations difficiles avec ses deux aînés ; ses accès de rage ; les lubies de son père… En soi, des moments presque ordinaires, si l’on excepte le fait de grandir au milieu de pensionnaires internés en psychiatrie… C’est là que l’autre aspect du texte se révèle : c’est un semblant de comédie pris dans l’étau du tragique. Et Meyerhoff en serre rigoureusement les vis.
La profondeur du texte, l’acuité et la finesse des descriptions, la tendresse sans complaisance qui se manifeste dans le récit, l’humour incroyable qui se dégage de certains passages et qui tient en grande partie à l’absence d’effets spectaculaires… tout concourt à ce que ce roman se retrouve baigné d’un parfum d’étrangeté, sans que jamais il y ait un effort visible pour aller dans ce sens. C’est l’art du récit, dans sa simplicité, qui instaure ce décalage, cette distanciation, cet « étonnement » fondamental. En même temps, cette distance n’induit pas de condescendance, bien au contraire : elle dit les choses, mais avec amour. »

Voilà. Maintenant le plus dur c’est de se dire qu’on n’a absolument pas le budget pour acheter tout ça. Mais bon ne nous plaignons pas et vive la bibliothèque !
Et puis voilà au moins de quoi réussir le challenge Rentrée Littéraire chez Herisson, je suis rassurée.
A mon grand désespoir, cette liste est amenée à s’étoffer au fil des jours…. Et puis si vous voulez me partager vos envies, n’hésitez pas à utiliser les commentaires.
Tchuss.

 

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Mosaïque (1)

Hello,
J’étais une inconditionnelle d’Instagram depuis plusieurs années (une des premières chez les blogolecteurs d’ailleurs il me semble…) mais après écoeurement complet des réseaux sociaux et des pseudos amitiés qu’on y trouve j’ai tout supprimé. D’un clic c’est simple, pouf, nada. Le profil melo_only n’existe plus. Envie et besoin de m’éloigner des réseaux sociaux qui deviennent vite addictifs et peuvent devenir néfastes dans toute leur spontanéité et leur superficialité. Je regrette néanmoins de ne plus pouvoir vous suivre, vous qui me faisiez souvent sourire ou saliver en partageant les images de votre quotidien. J’y reviendrai peut-être un jour, ou pas. En attendant, comme j’aime beaucoup la photo et que souvent un simple cliché vaut mille mots j’ai eu envie d’instaurer le rendez-vous « mosaïque » sur ce blog. Juste quelques clichés, souvent de bouffe, un peu de chat, miss grumpy, pocket-cat -appelez-la comme vous voulez- parfois d’escapades et bien sûr de bouquins.
Certaines des photos de ce premier rendez-vous ont déjà été partagées sur Instagram et pour certaines sur Facebook, elles datent au plus du mois de mai, au moins d’aujourd’hui et ce rendez-vous n’a pas (encore) de date fixe, on verra comment cela se goupille et si j’ai envie d’y revenir. :-)
Ces photos ont été prises par moi-même, elles ne sont pas libres de droit.

Yummy…

mosaique 1 menus

Dans l’ordre : test de pains pitas garnis aux crudités et roti/brioche du dimanche/tarte soleil aux légumes/salade périgourdine/salade avocats tomates radis graines/Wraps party/tarte aux fraises/butchy, the brioche (voir recette ici)/cake au thon tomates cerise/Re-butchy/tarte abricots cannelle/re-cake au thon et clafoutis pêches.
Et puis hier j’ai voulu tester ça :

fondant noir coeur blanc

J’ai trouvé la recette sur le site de Nestlé Dessert. En gros 20 minutes chrono de la préparation à la cuisson. C’est divin, c’est rapide, c’est consolateur et la prochaine fois je mettrai 2 carrés de chocolat blanc au lieu d’un…
Fondants noirs coeurs blancs :
• 160 g de chocolat noir pâtissier
• 6 carrés de chocolat blanc pâtissier
• 3 oeufs
• 50 g de farine + 1 cuillerée à soupe pour les ramequins
• 190 g de beurre + 1 noix de beurre pour les ramequins
• 75 g de sucre en poudre
(à noter : j’ai zappé la sauce chocolat, trop pressée de déguster et c’est très bon ainsi)
1. Préchauffez votre four Th.9 (260°C). Dans un saladier, mélangez les oeufs, la farine et le sucre.
2. Dans une petite casserole, sur feu doux, faites fondre 80 g de chocolat et 95 g de beurre. Versez dans le saladier, mélangez et placez 15 minutes au réfrigérateur.
3. Beurrez et farinez 6 ramequins, remplissez-les à moitié de votre préparation chocolatée. Disposez 1 carré de chocolat blanc dans chaque ramequin puis remplissez-le avec le reste de préparation chocolatée.
4. Faites cuire environ 7 minutes dans votre four. Entre temps, faites fondre le chocolat et le beurre restants (80 g de Nestlé Dessert Noir + 95 g de beurre) pour en faire une sauce. Démoulez vos croquants-fondants et nappez-les de sauce chocolat. Suggestion : pour cette recette, utilisez de la farine fluide pour être sûr de ne pas faire de grumeaux.

Miss Grumpy…

mosaique baya 082014

 Du tout et puis du rien…

divers mosaique 082014

Un ptit coup de neuf sur quelques meubles/le joli Bric à Brac de Emmaüs/une lecture 2.0/vue du château d’Amboise/le château/Cuisine du Clos Lucé/un chouette dîner en terrasse au calme.
J’allais oublier ce magnifique rosier (Clos-Lucé) :

rosier le clos lucé 052014

 

Que pensez-vous de ce rendez-vous ? Vous en êtes ? Je continue, ou pas ?
Saloutations les coupains.

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La Bienfaitrice – Elizabeth von Arnim

la bienfaitrice elizabeth von arnimQuatrième de couv’..
Plus curieuse de philosophie que de mondanités, Anna Escourt est lasse d’être traînée de bals en soirées par Suzy, son encombrante belle-soeur. Fille d’un riche épicier, cupide et arriviste, celle-ci ne lui laisse pas un instant oublier combien elle lui est redevable… La lettre d’un vieil oncle renverse la situation : à vingt-cinq ans, Anna hérite d’un grand domaine en Allemagne, dont les revenus l’autorisent à faire fi des convenances en restant célibataire. Pétrie d’idées modernes, elle se propose d’offrir un toit aux femmes sans ressource de sa nouvelle contrée. Louable philanthropie, dont elle ne tardera pas à éprouver les inconvénients… D’autant qu’un de ses visiteurs les plus assidus est le séduisant Axel von Lohm, jeune aristocrate désargenté. L’oncle Joachim avait-il quelque arrière-pensée ? Elizabeth von Arnim a mis beaucoup d’elle-même dans le personnage d’Anna Escourt, jeune femme indépendante dont ce roman conte les tribulations avec humour et ironie.

La Bienfaitrice, de Elizabeth von Arnim (The Benefactress, 1902) (traduction de l’anglais par Marguerite de Vaudreuil, révisée par Géraldine Barbe) Archipoche, 2013
4,5 étoiles sur 5

Depuis ma découverte d’Avril enchanté l’année dernière je savais que j’allais relire du Arnim. Ma victime fut La Bienfaitrice et bien m’en a pris ! Après cette lecture je sais que j’en lirai encore un autre et mon choix risque de se porter sur Vera
Du délice en pages cette Bienfaitrice. Une galerie de personnages vrais et succulents, du bon sens, un zeste d’humour et d’anti-conformisme, bref le menu idéal pour plusieurs heures de plaisir.
La condition féminine au XIXème siècle en prend pour son grade avec le personnage d’Anna qui souhaite se réaliser seule sans mari dans ses jupons. Les femmes de l’époque sans le sou n’avaient hélas d’autre choix que d’épouser un plus ou moins bon parti mais le destin fut favorable avec Anna : elle qui désespérait de s’émanciper, ne vivant que grâce à l’argent de sa belle-soeur et se devant d’écouter les conseils et inepties des ses pairs lui dictant de se marier au plus vite, hérite d’une propriété et d’un revenu. Mais elle est humaniste dans l’âme, Anna -et bien naïve- ! Elle veut faire de ses nouveaux quartiers un refuge pour femmes seules en difficulté financière. Et elle n’est pas au bout de ses peines…

Elizabeth von ArnimComme dans Avril enchanté la question de l’émancipation de la femme se pose. Le tout dans un écrin d’ironie, de portraits délicieux et -je le répète, pardon- de bon sens.
Ce roman n’est certes pas parfait, la fin m’a d’ailleurs semblé un peu longuette, mais ces heures de délice et ce style tout à fait charmant (oui, charmant) compensent entièrement les petits défauts.
Dois-je préciser que je le conseille ?

(source photo auteur : babelio)

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EXTRAITS :

« - Je n’avais encore jamais vu, observa oncle Joachim en levant les yeux au ciel, une jeune fille avoir à ce point besoin d’être guidée par un homme. Dis-moi, n’as tu jamais aimé ? ajouta-t-il en se tournant soudainement vers elle.
- Si, répondit rapidement Anna.
Puisque oncle Joachim décidait de lui poser des questions directes, elle lui donnerait des réponses aussi directes.
- Mais il est parti épouser quelqu’un d’autre. Je n’avais pas d’argent, et elle était un bon parti. Tu vois, c’était un jeune homme très intelligent.
Et elle se mit à rire, car cela faisait longtemps que son unique expérience dans le cruel monde de l’amour ne provoquait plus en elle autre chose que de l’amusement. » (page 33)

« En même temps qu’il parlait, toutefois, il la critiquait, comparant la paresse de son attitude à la vigilance respectueuse des autres femmes quand il ouvrait la bouche. Il savait que ces femmes – la sienne, celle du pasteur, celles des régisseurs des autres propriétés – appartenaient à une autre classe que la nouvelle maîtresse de Kleinwalde, mais elle aussi n’était qu’une femme. « Habillez une femme comme vous voulez, appelez-la comme vous voudrez, elle ne sera jamais qu’une femme, née pour aider et servir ». Jamais, d’aucune façon elle ne sera l’égale d’un homme aussi intelligent que lui-même. [...] Malheureusement, le vieux Joachim, un tel gentleman à tout autre égard, avait placé sa fortune entre les mains de cette faible femme, étendue de manière si déshonorante dans ce fauteuil, jouant avec les objets sur la table, qui ne levait jamais les yeux sur lui et montrait plutôt, aussi incroyable que cela puisse paraître, tous les signes d’un esprit occupé à d’autres soucis. » (page 89)

« Klutz était un jeune homme fort ordinaire et il était arrivé à la prime jeunesse, aussi affamé que ses compagnons. Son père était pasteur, son grand-père avait été pasteur, ses oncles étaient pasteurs et, le destin étant venu cruellement à lui dans les robes sombres de l’Eglise luthérienne, ses bêtises naturelles n’avaient pas eu l’occasion de sortir, se développer puis disparaître. Elles étaient restées tues en son coeur bouillonnant, sans interruption, à son grand inconfort, tandis que le bon pasteur, qui prenait soin de sa personne, lui parlait du « monde à venir ».
« Le monde à venir, pensait Klutz, assoiffé de curiosité, est peut-être très bien mais ce n’est pas le mien. » Il écoutant dans un silence ennuyé ou impressionné, selon l’interprétation qu’on en aura, les exhortations du pasteur qui, évidemment, le traduisait de la façon la plus favorable.
- Notre jeune vicaire pense beaucoup, confiait-il à sa femme. C’est un contemplatif, il réfléchit malgré son jeune âge. C’est un homme de peu de mots.
Ce à quoi sa femme répondait d’un haussement d’épaules sceptique. » (page 275)

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Ils Elles en parlent aussi : KeishaElizaMaureenLe chat du Cheshire – …

La Bienfaitrice a été publié en 1902, écrit par une femme née en 1866, Elizabeth von Arnim, cousine de la romancière Katherine Mansfileld. Son premier roman Elizabeth et son jardin allemand a connu un succès considérable lui apportant de la visibilité dans le monde des lettres et elle publiera 21 autres ouvrages dont Avril enchanté qui a été adapté deux fois au cinéma en 1935 et 1992. Dans sa vie Elizabeth von Arnim a beaucoup voyagé, été le centre d’une vie mondaine et a même connu une liaison avec H.G Wells.Elle s’est éteinte en 1941 et ses romans continuent leur route puisque Avril enchanté a été réédité par 10/18 en 2011 et La Bienfaitrice édité par Archipoche en 2013. (Merci Wikipedia, entre autre).

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Ciné -Cinéma (tchi tchaa) (4)

(titre à lire façon jingle des années 90… => rappelez-vous)

Lucy Luc BessonLucy

réalisé par Luc Besson
(avec Scarlett Johansson, Morgan Freeman)
1h29 (franco américain)
Sortie en France en août 2014
4 étoiles

Adoré la 1ère moitié voire les 3/4, c’est du pur Luc Besson et j’aime : ses mafieux très méchants et très chinois, son héroïne hyper fragile au début mais qui va tous les niquer, l’humour décalé (aaahhh que c’est biiiien !), les plans, l’esthétique, la mise en scène, la patte Besson comme je l’aime ! Le personnage de Lucy est top : Scarlett J. a eu une grande chance d’avoir joué ce film et de rejoindre les héroïnes à la Nikita (Anne Parillaud) et à la Matilda (Natalie Portman). On retrouve d’ailleurs les mêmes mécanismes que dans ces deux précédents films et c’est quand même bien réjouissant. Après, ça part dans du grand spectacle pas très utile à mon goût (la course en voiture -qui a dû leur prendre un temps monstre à réaliser au détriment du reste- , la fin avec ce que devient Lucy, ..), il y a (je trouve) des maladresses, ce n’est pas assez poussé dans la réflexion, le thème de la capacité du cerveau reste (un peu trop) en surface, même si le côté symbolique est vraiment chouette ! D’ailleurs j’ai vu Besson en parler sur France 2 cette semaine et il disait que l’affirmation sur laquelle se base le film (que nous n’utiliserions que 10% de notre cerveau) est fausse. Je conçois que ce soit plus simple pour le film de simplifier autant mais je trouve ça dommage : c’est le genre d’affirmation que l’on veut croire, je l’aurais avalé tout rond si Besson n’avait pas été interviewé (et du coup j’ai envie de googlé tout ça). Le thème de la capacité d’utilisation du cerveau est en soi passionnant, j’aurais donc aimé en voir +.
MAIS je crois que les films de Besson sont affaire de génération…. J’ai vu Le Grand Bleu au cinéma en version longue lorsque j’avais 8 ans (mes parents ont été téméraires sur ce coup-là) et il paraît que je n’ai pas bronché des environ 3h qu’a duré le film. Depuis je l’ai vu, revu, rerevu, la bande-son est beaucoup passée sur ma chaîne hi-fi et c’est devenu un film culte à mes yeux. Ado, Nikita et Léon m’ont également passionnée et surtout réjouie, vus moultes fois également et justement on retrouve dans Lucy ce qui a fait le succès de ces deux-là, vous comprenez donc le petit sourire satisfait que j’ai eu pendant la 1ère moitié du film……. (J’ai moins aimé Le 5ème élément et je n’ai pas beaucoup vu le reste de sa filmographie…). Reste que – j’ai dû mal à l’admettre – peut-être que Lucy est en dessous des deux suscités mais j’ai été tellement ravie de revoir du Besson que j’aime que l’enthousiasme l’emporte sur la déception.
Du coup si le prochain Besson pouvait être de cette veine-là, et bien je l’attends avec impatience !
[PS : On sait que Besson est un réalisateur très controversé : Merci Benoit Duquesne de lui avoir consacré une émission à revoir là]

we-need-to-talk-about-kevin-poster-FR_mWe Need To Talk About Kevin

réalisé par Lynne Ramsay
(avec Tilda Swinton, Ezra Miller)
1h50
Sortie en France en sept 2011
5 étoiles

Poua poua pouaaaa…. (non ce ne sont pas des « poua » de dégoût). J’avais acheté le livre à sa sortie en (2006, 2008 ?) et je n’avais pas réussi à aller au delà de 50 pages. Je ne sais plus vraiment pourquoi : le thème ? la lenteur de la narration ? Peut-être bien les deux. Si, je me souviens maintenant que le thème me faisait tellement froid dans le dos que j’avais fini par ressentir une sorte de répulsion pour ce livre aimé et tout autant détesté des lecteurs.
Puis récemment Arte l’a passé en première partie de soirée (en VO) (merci Arte !). Et je suis restée littéralement scotchée à l’écran. Pour terminer sans voix.
Je ne sais qu’en dire. Juste que Ezra Miller et Tilda Swinton sont formidables. Qu’ils m’ont hypnotisée. Que c’est terriblement dur. Que cette relation mère-fils m’a secouée. Que j’ai eu beaucoup de peine pour le personnage de la mère. Que la tension psychologique est hallucinante.
Les plans, l’esthétique forment une ambiance et une tension vraiment remarquables. Remises en question, fatalité, haine, sentiment de rejet, complexité de l’humain et de la filiation. C’est simple j’ai maintenant envie de racheter le livre que j’avais vendu.
Une claque.

Alabama MonroeAlabama Monroe

réalisé par Felix Van Groeningen
(avec Johan Heldenbergh, Veerle Baetens, Nell Cattrysse)
1h49 (belge)
Sortie en France en août 2013
2 étoiles

Oui je sais, je ne me fais pas que des amis en disant que je n’ai pas aimé Alabama Monroe. Oui la musique est sympa (Bluegrass, musique country, j’aurais au moins appris un truc), oui les acteurs sont beaux avec leur look hippie et leurs tatouages… , la réalisation originale. Mais qu’est-ce que c’est pesant ! Que c’est chargé (trop beaucoup trop, à l’écoeurement) émotionnellement ! Déprimant. Pathos pathos pathos, tire-larmes. Pouah ! (là c’est bien un « pouah » de dégoût). Je ne savais rien avant de voir les premières images si ce n’est que tout le monde était unanime pour dire que ce film est merveilleux. Mais moi le thème du cancer, du suicide, des parents endeuillés, du délitement du couple, c’est… trop. Trop dans un seul film. La fin est à l’image du reste : à se tirer une balle dans le crâne.
Pouah.

 

Salutations.

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Les mères – Samantha Hayes

Les mères Samantha HayesQuatrième de couv’…
Birmingham, Angleterre. Enceinte, Claudia se met en quête d’une nanny pour son futur bébé et pour garder les jumeaux que son mari, souvent absent, a eus d’un premier mariage. Zoé Harper, charmante jeune femme aux références impeccables, s’impose comme la perle rare et s’installe chez eux. Mais, très vite, Claudia se met à nourrir des soupçons sur cette employée idéale.
Pendant ce temps, la tension monte aussi en ville, où l’inspecteur Lorraine Fisher enquête sur le meurtre atroce d’une femme sur le point d’accoucher. Et quand une deuxième, puis une troisième femme enceinte sont tuées, la tension se transforme en terreur.

Les mères, de Samantha Hayes (Until you’re mine, 2013)
traduit de l’anglais (US) par Florianne Vidal
Pocket, 2014, 485 pages (cherche-midi, 2013)
3 étoiles

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Je vous l’accorde, je ne suis pas super régulière en ce moment dans la publication de mes billets… Je pourrais me trouver des excuses genre c’est l’été, je suis à Majorque et je m’éclate mais pour être honnête j’ai beaucoup de mal à me mettre à la rédaction, je ne sais pas par quel bout prendre mes écrits, j’ai du mal à organiser mes sentiments de lecture et je fais l’autruche. Mais il est temps ! Recentre-toi Mélo !
superman

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Les Mères est le premier roman de Samantha Hayes publié en France et on pourrait le ranger facilement dans la catégories « polars féminins ». Il est beaucoup question de grossesse ici. Il y a celles qui sont enceintes, celles qui aimeraient être enceintes mais n’y arrivent pas, ou celles qui tombent souvent enceintes et dont les enfants sont retirés du foyer. Claudia est une femme respectable, assistante sociale et enceinte jusqu’aux yeux. Son mari militaire est souvent absent et elle est la mère de substitution de ses deux fils en bas âge. Alors elle engage une nounou pour l’aider dans son quotidien, d’autant plus qu’elle ne veut pas s’arrêter de travailler (apparemment aux Etats-Unis le congé maternité n’existe pas et il y a donc perte de salaire. Et pourtant ce n’est pas ce qui empêcherait Claudia car sa situation est aisée…). Mais au fur et à mesure elle commence à développer des soupçons quant aux véritable desseins de la nounou. Et puis il y a ces meurtres de femmes enceintes qui s’enchaînent, les médias ne parlent que de ça.
Une tension qui monte doucement. Un univers de plus en plus angoissant dans l’univers de ces femmes biens sous tous rapports, et pourtant bien peu d’action. Ce n’est toutefois pas ce qui m’a dérangé, je crois plutôt que les polars écrits par des femmes pour les femmes ne sont pas vraiment ma tasse de thé. C’est pourtant un polar honnête qui a été et sera encore très apprécié, je ne peux pas dire qu’il ne m’a pas plu du tout mais je n’ai pu m’empêcher de tiquer à plusieurs reprises sur des détails me semblant mal amenés. Et puis cette fin totalement renversante m’est apparue un peu too much tout de même…

Pas sûre de relire l’auteure, donc.
Mais pas mal de blogueurs ont été conquis : Allez donc lire Leiloona, Noukette, Reveline, Sandrine, …
Valérie et Cajou ont été déçues. Mitigé chez Clara.

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samantha-hayesSamantha Hayes a été détective privé, laveuse de voitures, serveuse, baby-sitter.
En 2003, l’une de ses nouvelles remporte le premier prix d’un concours, et se retrouve publiée par une petite presse indépendante.
Par la suite, elle fait paraitre quatre romans (« Blood Ties », « Unspoken », « Tell Tale » et « Someone Else’s Son ») avant de se lancer dans une série policière qui se passe à Birmingham inaugurée par « Les Mères » publié en France en 2013.
(source biographie : Babelio – source photo auteur : http://www.readitforward.com)

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