BPDI

(Blog en Pause à Durée Indéterminée).
Mes excuses les plus sincères si vous attendiez un article de ma part. Les livres seront lus, les articles écrits, mais seulement à mon retour.
En attendant :

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Somnambule

Diffusion sur Alcaline le mag le 23 avril 2015
Raphaël – Somnambule

Raphaël Smonambules

 

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Couleurs

Petite balade printanière chez Claude Monet pour s’en mettre plein les pupilles.

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Un lieu propice à l’imagination. Impressionnée par cet homme qui a aménagé son jardin et décoré son intérieur avec un tel soin et un tel romantisme. Dépensé sa fortune dans les espèces les plus rares qu’il aimait et dans les 200 et quelques estampes japonaises qu’il collectionnait.

Tulipes et arbres en fleurs. Artifice de couleurs et de délicatesses.

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« Je suis dans le ravissement, Giverny est un pays splendide pour moi. »
Monet à Duret

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Ciel jouant dans l’eau du jardin japonais.

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« J’ai été flatté de vos deux lettres, ayant la plus profonde admiration pour l’art japonais et une grande sympathie pour les Japonais […] C’est avec le plus grand plaisir que j’ai reçu vos jolies estampes »
Monet, lettre à Shinaro Yamashuita, Giverny, 19 février 1920

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Un passage par l’impressionnant château de La Roche-Guyon.

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Au retour, arrêt sur un iris

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du lilas

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« C’est en croyant aux roses qu’on les fait éclore »
Anatole France.

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(les photos m’appartiennent. Merci de ne pas les copier sans autorisation préalable)
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Le Livre de Perle (Timothée de Fombelle)

Le Livre de Perle

Chaque fois que quelqu’un dit : « Je ne crois pas aux contes de fées », il y a une petite fée quelque part qui tombe raide morte.
J.M. Barrie, Peter Pan

Quel joli roman que Le Livre de Perle où le monde féérique se mêle au nôtre et où les années 30 à 50 chevauchent l’époque d’aujourd’hui.
Perle c’est un homme tombé dans notre monde en 1936 et recueilli par un couple qui tient une boutique de guimauves. Il grandira au milieu de la chaleur et des effluves de la douce boutique, du frou-frou des papiers de soie et des clients aux yeux gourmands. Mais les souvenirs remontent, il n’est pas de ce monde, la féérie est tout près mais il ne peut la saisir et passera du temps à chasser les indices merveilleux qu’il enferme précieusement dans des valises pour peut-être un jour savoir retrouver le chemin de son royaume. Les années de guerre mondiale passeront par là, l’engagement en tant que soldat, le retour dans la maison Perle, l’exil, Venise, et toujours cette quête et ce doux souvenir d’un amour dont on l’a privé.
La bienveillance, la nostalgie, la douceur, le drame et le tragique, se côtoient dans ces pages. Une rencontre entre un viel homme et un adolescent, une fée protectrice aux ailes brisées, un roi fou de tristesse,  la jalousie d’un parrain, un frère tyrannique, un couple vendeur de guimauves, voilà quelques ingrédients de ce roman labyrinthique mais toujours accessible, plein de poésie et de féérie, qui fait naître l’enchantement, donne des envies d’aventures et recèle une belle dose d’apprentissage de vie.

EXTRAITS :
« Il avait éteint la lumière électrique. Le soleil qui se reflétait dans le mur d’en face suffisait à embraser les cuivres. Autrefois, Jacques Perle appelait cela l’heure creuse. La fraîcheur du sous-sol grimpait l’escalier de fer. Aucun bruit dans la rue. Joshua entendait de temps en temps quelques mots à une fenêtre, un rire étouffé, des oiseaux sur un balcon. Parfois, très rarement à cette heure-là, quelqu’un poussait la porte de la boutique. Perle souriait au visiteur et revenait à sa contemplation.
C’était parfois une jeune femme qui disait :
- J’ai laissé les enfants dormir là-haut. Je ne devrais pas. Mais j’ai très faim.
Perle faisait un geste avec ses mains ouvertes qui voulait dire : « Tout est bien, vous êtes la bienvenue. »
Elle parcourait du regard les guimauves dans la vitrine.
Perle lui laissait le temps, ne disait rien.
Pour une fois, il ne pensait pas aux valises qui devaient peser lourd sur le parquet au-dessus de sa tête. Il observait cette dame devant lui, qui vivait dans le même monde que lui, ce monde qu’il avait d’abord trouvé un peu plat et qu’il s’était mis à aimer. Il s’était fait à cette fadeur, à ces petits défauts, cet ennui. Il commençait même à en voir la magie. 
La cliente faisait un claquement doux avec sa langue, pour meubler son hésitation. Elle portait parfois sa main à sa bouche, mordait ses lèvres en se penchant pour mieux regarder.
- Tout fait envie.
Perle refaisait en souriant son geste qui voulait dire aussi bien « tant mieux » que « tant pis ».
[…]
Alors, la dame se jetait sur une guimauve à la vanille. Il sortait ses grandes feuilles de papier, elle prenait au dernier moment une autre guimauve pour son mari.
- La même, oui, la blanche.
On voyait sur le papier les deux guimauves translucides avec leur gousse entière à l’intérieur. Elle payait et elle s’en allait.
Le silence revenait. Cela ne durerait pas longtemps. Dans quelques minutes, il y aurait de nouveau du monde. Et Ilian repenserait à Olia. »
« – Alors il faut que tu partes pour la laisser derrière toi.
- Laisser qui ?
Je venais enfin de remarquer son accent et la forme si particulière de ses phrases. Il a voulu dire un mot qui est resté dans sa gorge.
Il l’articula une seconde fois :
- La tristesse.
J’avais compris le mot avant qu’il le répète.
- C’est quelque chose qui peut remplir la vie. Et tourner dans toi jusqu’à ta mort.
J’écoutais.
- Mais si on peut laisser la tristesse dans l’herbe derrière soi, il faut le faire. On la tient couchée dans l’herbe. On lui explique doucement qu’on veut autre chose, que ce n’est pas contre elle mais qu’on s’en va. »

Le Livre de Perle, de Timothée de Fombelle
Gallimard Jeunesse, nov 2014, 304 pages
à partir de 13 ans

Faëlys, Jérome, Soukee, Violette, ont aimé aussi.

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Conception, de Chase Novak

Conception Chase Novak

« A la fois terrifiant et sombrement drôle, CONCEPTION est une pure partie de plaisir » : Ce sont les mots de Stephen King sur la quatrième de couverture et je suis bien en phase avec lui. Conception est une espèce de thriller horrifique plutôt décalé qui vire au fantastique assez rapidement avec une bonne dose d’ironie inside. D’aucuns n’y trouveront pas leur compte à cause du côté irrationnel et de l’ambiance épouvante, de mon côté je l’ai dévoré !

Alex et Leslie Twisden forment un couple à la situation très confortable. Elle travaille dans une grande maison d’édition, lui est avocat, trop sûr de lui, antipathique. Il faut dire qu’il a de quoi se la péter : il est héritier d’une immense demeure familiale dans laquelle règnent les tableaux et photos de ses illustres ancêtres. Avec un nom pareil, il se sent la responsabilité de conserver sa lignée : après tout Leslie et lui sont plus beaux et plus intelligents que la moyenne, ont une vie qu’envierait la moitié de la planète : ils doivent tout naturellement et absolument se reproduire. Sauf que mère nature l’a vraisemblablement décidé autrement et c’est dans une dernière tentative désespérée et grâce au bouche à oreille qu’ils se rendent en Europe rencontrer un médecin miracle. C’est là-bas dans la froide et sombre Slovénie que commence la petite musique dissonante de l’histoire : le cabinet médical est plutôt repoussant, le médecin très bizarre … mais le désespoir de ne pas pouvoir enfanter est plus fort. Une injection chacun, retour à l’hôtel : ils se sentent pousser des ailes. Reprenant leur vie New Yorkaise Leslie est enceinte et donnera naissance à de beaux jumeaux : une fille et un garçon. Mais les Twisden ne sont plus les mêmes, ils se cachent, ils enferment leurs enfants dans leur chambre la nuit … Et en grandissant les jumeaux comprennent qu’il se passe quelque chose d’effrayant, ils ont peur …

Je n’en dis pas plus, seulement si vous êtes amateur du genre, foncez ! Voilà un roman sombre et effrayant, drôle et ironique, parfois trash, parfois tendre et touchant, au suspense habilement mené qui, sous ses airs de page-turner horrifique, manie des préoccupations bien réelles (maternité, filiation, perte d’identité, maladie, dérives sociétales, ..) et qui dresse des portraits tantôt touchants tantôt très agaçants. L’ensemble est un peu cliché mais ça fait partie du jeu et on se laisse facilement prendre dans les mailles de l’intrigue. On ne pinaillera pas sur la qualité littéraire, le style est plutôt modeste mais voilà un vrai divertissement à la noirceur réjouissante qui est -aussi- une petite leçon de vie.

Elles ont aimé aussi : Antigone – KahlanSéverine (chez qui j’apprends qu’il y a déjà une suite publiée aux USA, cool !)

EXTRAIT :
« Alice et Adam se languissent de leur foyer, avec l’impuissance innocente des enfants. Comme tous les jeunes mammifères, ils sont génétiquement programmés pour faire confiance à leurs parents et croire que ceux qui leur ont donné la vie sont leur refuge dans un monde sans pitié. Dans leur cerveau, dans leur liquide céphalo-rachidien, dans leur mécanique la plus élémentaire, la plus primitive, il est écrit qu’ils doivent croire que leur mère et leur père sont là pour les protéger, et ils s’accrochent à cet instinct quelque que soit l’irréfutabilité de la preuve du contraire – et même ainsi, même après qu’ils ont renoncé à cette illusion et qu’ils se sont enfuis pour sauver leur peau, le doute suit comme une ombre le moindre de leurs mouvements, parce qu’ils réagissent à une réalité qui est par essence inconcevable, à une vérité qu’ils perçoivent continuellement comme un mensonge fabriqué de toutes pièces par leurs propres échecs ou par les dysfonctionnements de leurs esprits fiévreux. » (p. 328)

Quatrième de couv ‘ :
« Alex et Leslie Twisden mènent une vie radieuse : jobs en or, luxueux hôtel particulier en plein Manhattan et mariage passionnel. Ce qui leur manque en revanche, c’est un enfant, et après l’échec d’innombrables traitements, leur désir de progéniture vire à l’obsession.
Dans une dernière tentative désespérée, le couple se rend en Slovénie afin d’essayer une procédure médicale très particulière. Et là, c’est le miracle…
Dix ans plus tard, couvés et dorlotés mais vivant dans une maison habitée par les secrets, les jumeaux Alice et Adam se retrouvent chaque soir enfermés dans leur chambre, tandis que des bruits de plus en plus perturbants proviennent de celle de leurs parents. Un jour, ils décident de chercher à comprendre la vraie nature de ceux qui les élèvent. Leur découverte aura de quoi les épouvanter… »
Conception, de Chase Novak (Breed, 2012)
traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Vincent Guilluy
éditions Préludes, janvier 2015, 473 pages
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L’arabe du futur, Riad Sattouf

L'arabe du futur

Je comprends désormais la récompense du Fauve d’Or du Festival d’Angoulême 2015 : ça ne m’arrive pas tous les quatre matins mais voilà un immense coup de coeur BDèsque.
Dans ce premier tome -il y en aura 3 en tout, vivement le deuxième pour mai-juin- Riad Sattouf raconte les premières années de sa vie qu’il a passées entre la Libye, la Syrie et la France de 1978 à 1984. Son père était syrien, sa mère est bretonne, ils se sont rencontrés en France à la Sorbonne dans les années 70. Puis peu après la naissance de Riad en 1978, son père qui avait demandé un poste en Libye, l’a obtenu.

IMG_9997en route pour la Lybie © Riad Sattouf/Allary éditions

On découvre La Libye, son général Khadafi, son régime communiste, et ses chantiers déserts en même temps que le petit Riad. Son père dessine des Mercédès aux roues carrées et Riad des bonhommes que les adultes prennent pour le président Pompidou. Les habitations n’ont pas de clefs et la nourriture est à aller chercher dans une coopérative.
Puis après la promulgation d’une nouvelle loi obligeant les gens à échanger leurs emplois bref retour en France pour Riad et ses parents. Changement total de culture auquel l’enfant va se confronter notamment à l’école dans des pages absolument succulentes.

Arabe Futur #1 p56 57dans la cour de récré française © Riad Sattouf/Allary éditions

Puis Abdel Razak, père de Riad, emmène alors sa famille dans son pays natal, la Syrie, dirigée par Hafez Al-Assad, où Riad va vivre aux côtés de ses cousins et autres tontons : les enfants jouant à la guerre, les croyances religieuses prégnantes, il faut s’adapter à ce nouveau mode de vie, ce qui ne va pas être simple pour Riad.  Les pages consacrées à la Syrie sont les plus éprouvantes pour l’enfant comme pour le lecteur. J’ai entre autre en tête la scène du chien et de la fourche où la mère de Riad semble aussi désemparée que son fils.

« Ma grand-mère souriait en permanence. Elle avait de tout petits yeux perçants et très clairs. Elle scrutait toute chose très attentivement. Dès qu’elle se savait observée, elle regardait dans le vague. »
L'Arabe du Futur  Page 77 © Riad Sattouf/Allary éditions
L'Arabe du Futur #1 - Page 94© Riad Sattouf/Allary éditions

Voilà une excellente bande dessinée, qui, même si elle peut sembler trop subjective car autobiographique a pour elle le point fort de cette « voix off » contextualisant de façon objective l’histoire et le mode de vie en Libye et en Syrie.
Elle est aussi pleine d’humour et de tendresse pour tous ces personnages tiraillés entre les régimes politiques ou religieux, notamment le personnage du père qu’on sent ambivalent, parfois désorienté, parfois autoritaire, parfois triste et en proie à des croyances ancestrales, comme s’il avait à choisir entre ces civilisations opposées. Le personnage de la mère (rappelons l’époque : 1978-1984) apparaît assez effacé et suiveur quoiqu’on sente parfois poindre une révolte étouffée. Et quelque chose me dit qu’on va la voir plus active dans le deuxième et/ou le troisième tome. (en fait je l’ai entendu dans une interview).

Une BD remarquable, drôle et instructive à la fois. Toute personnelle et historique en même temps. Cette trilogie aura une place de choix dans ma bibliothèque, c’est sûr. A lire absolument :-)

L'Arabe du Futur #1 - Page 158© Riad Sattouf/Allary éditions
IMG_9995Vous ai-je dit que j’aimais prendre mes livres en photo ? (ça se soigne ?)

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L’arabe du futur, de Riad Sattouf (2014)
Allary éditions, 158 pages

Pour aller + loin : 
>> Interview sur Culturebox
>> Interview sur Bibliobs

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Chaque Chose (Julien Neel)

Chaque-chose-Julien-NeelJe n’ai jamais lu sa célèbre série Lou! qui s’adresse d’abord aux 9-12 ans mais Chaque Chose me tentait davantage pour découvrir le trait de Julien Neel. Cette couv’ et ce titre sont juste superbes et cette représentation père/fils est particulièrement émouvante. Ici c’est de lui dont Julien Neel parle, c’est donc lui ce petit garçon so trognon aux grands yeux intimidés. Mais comme il le précise dans cette interview vidéo cela reste de l’autofiction donc une histoire pas totalement réelle ni totalement imaginée. D’ailleurs ce que je trouve surprenant mais génial c’est qu’il dit que c’est le célèbre manga One Piece de Eiichirô Oda qui l’a porté tout le long de l’écriture de Chaque Chose et lui a donné ce souffle créateur alors que One Piece et Chaque Chose n’ont pas grand chose en commun précise t-il.

Donc une BD portée sur la filiation, on retrouve Julien Neel enfant avec ce père prestidigitateur l’ayant en garde pendant les vacances, puis on retrouve le Julien Neel d’aujourd’hui (d’il y a quelques années précisément puisque la BD est sortie en 2006) se remémorant ses souvenirs alors que son papa est à l’hôpital.
Une bien jolie BD. Les couleurs, les traits sont hyper touchants. Les quelques fantaisies à la sauce fantastique servent le reste. La situation professionnelle bancale du père sublime l’amour filial que l’auteur a su transmettre avec une jolie force, un peu d’humour et surtout beaucoup de tendresse.
A lire bien sûr. :-)

Chaque Chose - Page 120© Julien Neel/Gallimard
chaque_chose© Julien Neel/Gallimard

Chaque Chose - Page 115

© Julien Neel/Gallimard

 

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C’était ma BD de la semaine dont les liens sont aujourd’hui référencés chez Noukette.

Chaque Chose, Julien Neel (2006)
Gallimard, Collection Bayou, 112 pages
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