Ce qu’ils n’ont pas pu nous prendre – Ruta Sepetys
Présentation de l’éditeur :
Une nuit de juin 1941, Lina Vilkas, une jeune lituanienne de quinze ans, est arrêtée par la police secrète du régime stalinien.
Avec sa mère et son petit frère, Jonas, ils sont déportés en Sibérie. Là, logés dans des huttes, sous-alimentés, brutalisés et harcelés par les Soviets, Lina et les siens tiennent bon. Soutenue par une mère exemplaire et par sa volonté de témoigner de cet enfer blanc à travers ses dessins et ses écrits, elle tente de survivre, au froid, à la maladie, à l’humiliation, et au travail éreintant de la terre. Dans le camp, Andrius, un jeune déporté de dix-sept ans, affiche la même combativité qu’elle…
Ce qu’ils n’ont pas pu nous prendre de Ruta Sepetys
Traduit de l’anglais (américain) par Bee Formentelli
Titre original : Between shades of gray
Editions Gallimard Jeunesse
Collection Scripto
Parution le 13 octobre 2011
En général je fuis les romans, récits, autobiographies ou films sur la seconde guerre mondiale mais j’ai eu l’occasion de lire celui-ci grâce aux éditions Gallimard Jeunesse et je les en remercie énormément.
Ici, il est question des déportations soviétiques sous le régime stalinien. Lina, 16 ans, et sa famille, sont lituaniens et se retrouvent arrachés à leur vie en quelques brutales minutes par le NKVD, la police secrète russe. Commence alors un combat pour la vie et pour la dignité.
Révoltant, scandaleux, inqualifiable, intolérable, mais comment des Hommes ont-ils pu en arriver à une telle haine et un tel niveau d’horreur ? C’est la question qui m’a hanté tout du long et qui me hante encore. Ce roman est une vraie gifle et une prise de conscience indispensable. C’est un livre puissant mais tout en retenue en même temps. Les chapitres sont courts et percutants mais sous l’horreur se cache la tendresse et la solidarité.
L’humiliation est telle qu’il est difficile pour Lina et les siens de rester dignes mais la jeune fille trouve ses ressources dans ses dessins et l’amour de sa famille. Avant, elle s’apprêtait à intégrer une école d’arts. Elle dessine comme personne sous l’inspiration du peintre norvégien Munch et elle s’attache à croquer la réalité qui est devenue la sienne. Elle doit user de subterfuges pour cacher ses toiles de fortune au péril de sa vie. Son quotidien est fait de famine et de corvées harassantes, de petits chapardages de bois ou de pain pour rester en vie, mais aussi d’amour et de souvenirs. Ainsi le récit rapporte plusieurs flash-back d’une vie passée, ressources puisées dans la mémoire de l’adolescente. Elle fait preuve également d’un grand courage et d’une grande détermination.
- Comment peuvent-ils décider que nous sommes des animaux ? Ils ne nous connaissent même pas.
- Nous nous connaissons, répondit Mère. Ils se trompent. Ne leur permet jamais, Lina, de te convaincre du contraire. Comprends-tu ?
J’acquiesçai d’un signe de tête. Mais je savais qu’un certain nombre de nos compagnons s’étaient déjà laissé persuader de leur condition inférieure. Ils avaient une expression abattue, dénuée de tout espoir et se faisaient tout petits devant le NKVD. J’aurais voulu les dessiner tous.
Lina n’est pas seule, il y a sa mère et son frère mais aussi des milliers d’autres déportés. La promiscuité est difficile mais bienvenue parfois. Pourquoi sont-ils là, qu’ont-ils fait de mal pour se faire traiter de « cochons de fascistes » ? Ils vont pouvoir en parler ensemble et surtout se soutenir et même les personnes les plus pénibles révèleront leur humanité. Malgré l’horreur, des petits bonheurs d’apparence insignifiante surgissent et font renaître l’espoir et les sourires.
J’avais l’impression d’osciller au gré d’un pendule : à peine venais-je de basculer dans un abîme de désespoir que le balancier repartait en sens inverse; il suffisait d’un rien ou presque – un petit bonheur, un simple geste.
C’est un très beau roman qu’a écrit Ruta Sepetys. Un livre indispensable et puissant qui ne tombe jamais dans le larmoiement. Mes mots n’arriveront jamais à décrire ce que j’ai ressenti à cette lecture. Achetez-le, empruntez-le, mais lisez-le. Parce qu’il ne faut jamais oublier.

Cendres de Munch
Ce témoignage a été écrit pour laisser une trace ineffaçable et tenter l’impossible : parler dans un monde où nos voix sont éteintes. Peut-être vous horrifiera-t-il ou vous scandalisera-t-il, mais il n’a certes pas été rédigé dans cette intention. J’espère de tout mon coeur que les pages ici cachées feront jaillir de votre âme la source de compassion la plus profonde. J’espère aussi qu’elles vous inciteront à faire quelque chose, à en parler à quelqu’un. C’est le seul moyen de nous assurer que les hommes ne permettront pas au mal de se reproduire sous cette forme.

©J.Michael Smith
Ruta Sepetys
En fin d’ouvrage, on trouve une note de l’auteure très instructive. « Ruta Sepetys est la petite fille d’un officier lituanien. Elle a effectué deux voyages de recherche en Lituanie pour écrire ce livre et a rencontré des membres de sa famille, des gens ayant survécu aux déportations ou aux goulags, des historiens, psychologues et fonctionnaires du gouvernement. Un personnage, le Dr Samodurov a même véritablement existé. On estime que Joseph Staline a assassiné plus de vingt millions de personnes durant son règne de terreur.Les trois Etats baltes (Lituanie, Lettonie et Estonie) ont perdu plus du tiers de leur population pendant le génocide soviétique. Les déportations touchèrent jusqu’aux Finlandais. En 1991, après 50 ans d’occupation, les trois pays baltes ont retrouvé leur indépendance et, avec elle, la paix et la dignité. Ils ont préféré l’espoir à la haine et montré au monde qu’une lumière veille toujours au fond de la nuit la plus noire. »
C’est le premier roman que je lis dans le cadre du challenge Jeunesse YA. Je pense qu’il finira par devenir un classique de la littérature Jeunesse. En tout cas, je le souhaite. C’est ce genre de texte dont auront besoin les jeunes quand les anciens ne seront plus là pour raconter. Pour que ces choses ne tombent jamais dans l’oubli et ne se reproduisent pas…

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Il rentre aussi dans le Challenge 1% de la rentrée littéraire puisqu’il paraît le 13 octobre 2011 en librairie.

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Nodrey dit:
Ajouté le 28 septembre 2011 à 20:13Un roman qui a l’air très dur, généralement, tout comme toi, j’évite de lire ce genre de livres. Malgré tout, je vais me le noter, ton avis donne envie de le découvrir, pour comme tu le dis, ne pas oublier.
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septembre 28th, 2011 at 20:36
Je te l’amène dimanche même si tu dis non…
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septembre 29th, 2011 at 07:00
Mdr!!! Bientôt, tu vas même m’emfermer pour que je lise tes livres!
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Liyah dit:
Ajouté le 28 septembre 2011 à 20:16Oh la la, Mélo, tu me fais trop envie avec ce livre !!! Je note !!!
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septembre 28th, 2011 at 20:36
Je suis contente de te donner envie parce qu’il est magnifique :)
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décembre 1st, 2011 at 16:19
Il est dans ma PAL !!!! :-D
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herisson08 dit:
Ajouté le 28 septembre 2011 à 20:22Je pense que je vais le commancer pour le collège celui ci!
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septembre 28th, 2011 at 20:32
*commander!
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septembre 28th, 2011 at 20:37
Oui, il le faut a-bso-lu-ment ! Encore plus pour le CDI du collège ! ;)
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MyaRosa dit:
Ajouté le 28 septembre 2011 à 22:32Quel beau billet ! J’ai vraiment hâte de pouvoir le commencer ce livre. Je l’avais repéré il y a quelques mois sur un blog et j’avais adoré le titre et la couverture. Ton billet me tente encore plus ! Je me dépêche de finir mes lectures urgentes et je m’y mets !
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septembre 28th, 2011 at 22:51
Je pense que c’est une lecture qui te plaira et te prendra au coeur, Mya.
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Lael dit:
Ajouté le 29 septembre 2011 à 17:56Ca m’a l’air d’être une lecture bouleversante. Je l’ai reçu et j’ai lu le résumé. Tout comme toi j’ai peur et j’aime pas les récits sur la déportation et la seconde guerre mondiale. Ca va un peu mieux depuis que j’ai lu les magnifiques La voleuse de livres et Le garçon au pyjama rayé.
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septembre 29th, 2011 at 22:35
Je suis sûre que celui-ci te plaira. Certes, c’est bouleversant, mais c’est un très beau témoignage pour toutes les victimes et aussi pour la force de l’esprit humain.
Vraiment, je pense que tu l’aimeras.
J’ai lu aussi La Voleuse de livres et Le Garçon en pyjama rayé.
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Karine:) dit:
Ajouté le 29 septembre 2011 à 23:17Très tentant, ce roman. surtout pour moi qui, contrairement à toi, ne fuit pas du tout ce genre de lectures!
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octobre 1st, 2011 at 16:48
Alors je te le conseille très chaudement ! ;-)
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Emily dit:
Ajouté le 2 octobre 2011 à 12:15Je viens de le terminer à l’instant et mon avis rejoint le tien…c’est une vraie claque ! ça m’a profondément remuée…
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octobre 4th, 2011 at 19:58
Je l’ai prêté à ma maman qui a 70 ans et qui ne lit pas beaucoup. Eh bien elle aime beaucoup et a déjà lu le tiers :) Je suis contente.
J’ai lu ton avis, effectivement nous nous rejoignons :)
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Christine dit:
Ajouté le 12 octobre 2011 à 06:39C’est le premier billet que je lis sur ce livre et je suis vraiment très attirée. Je le note avec beaucoup d’empressement
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octobre 12th, 2011 at 08:41
Merci pour ce petit mot :)
Je te souhaite d’avance une bonne lecture !
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Schlabaya dit:
Ajouté le 18 octobre 2011 à 07:47Je le note aussi, pas pour tout de suite, mais un jour, sûrement ! Une lecture qui me paraît très forte et, comme tu le dis, nécessaire pour ne pas oublier.
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octobre 18th, 2011 at 11:18
C’est tout à fait ça.
Fais-moi signe si tu le lis ;)
Merci d’être passée ^_^
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